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Mille ans de délices turcs à la Royal Academy de Londres

mardi 1er février 2005, par Ana Maria Echeverria

AFP - 21/01/2005

Avec son exposition de mille ans d’art turc, à partir de samedi, la Royal Academy de Londres nous transporte à une époque où des villes comme Bagdad et Mossoul, aujourd’hui synonymes de guerre, étaient d’imposants centres culturels, sous la domination de l’empire turc.

Plus importante exposition dans ce domaine jamais présentée en Europe, ce « voyage à travers 1000 ans d’histoire turque, de 600 à 1600 », nous emmène comme par magie, dans le sillage d’Aladin, à travers des contrées immenses, de la Chine à la Mongolie en passant par l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, le Tadjikistan et, bien sûr, la Turquie.

Sculptures, céramiques, peintures, tapis produits dans les ateliers des tribus nomades d’Asie centrale (un exemplaire remontant même au XIIIe siècle), manuscrits, dessins, mais aussi portes incrustées de pierres précieuses, œuvres de Sinan, le Michel-Ange de l’empire ottoman : quelque 350 pièces ont fait le voyage vers Piccadilly, au cœur de Londres, pour un séjour qui se terminera le 12 avril.

Ces véritables œuvres d’art décoraient initialement de simples tentes, dans le désert, mais aussi des temples bouddhistes, le long de la route de la soie, des grottes, des mosquées, ou de somptueux palais, comme Topkapi à Istanbul.

La majeure partie de ces pièces « proviennent aujourd’hui de Topkapi et du musée des arts turcs et islamiques d’Istanbul, et elles ont très rarement été vues en occident », souligne auprès de l’AFP l’un des commissaires de l’exposition, David Roxburg.
Via ces textiles superbes, ces pièces de métal ou de bois finement ciselées, ces tenues et ces ornements militaires, c’est en fait toute l’histoire millénaire d’un peuple de guerriers ayant traversé de la Chine aux Balkans qui est retracée.

L’exposition débute avec les Ouighours, les premiers peuples nomades d’Asie centrale à recevoir le nom de Turcs, pour se conclure avec Souleymane le Magnifique, précise David Roxburg.

Les Ouighours, venus jusqu’en Perse (l’Iran aujourd’hui) et en Anatolie, se sont convertis à l’islam durant leur voyage, initiant un empire au sein duquel ils ont ensuite été relayés par les Seldjoukides, les Timurides puis les Ottomans, lors d’une histoire souvent violente marquée par de multiples guerres dynastiques.

Mais une histoire qui a également produit une culture exceptionnelle, avec Mohammed Siyah Qalam, « Mohammed à la plume noire », par exemple, dont les œuvres sortent ainsi pour la première fois de Turquie.

On sait en fait très peu de chose en Occident sur cet artiste qui travaillait « à l’écart de la cour et de toutes les traditions », au XVe siècle, insiste David Roxburg, estimant pourtant que ses tableaux de vieillards constituent l’un des joyaux de l’exposition.
Une certitude : ces visages, qui rappellent par certains aspects les monstres grotesques peints par Goya, constituent l’un des témoignages majeurs de la complexité et de la richesse d’une culture fascinante, objet de l’exposition la plus imposante de la Royal Academy depuis celle sur les Aztèques, en 2002.

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