Ouverture ou provocation ? Hier, sur France Inter, le ministre délégué à l’Industrie, Patrick Devedjian, s’est dit « très surpris par la brutalité des propos du Premier ministre turc [sur la question arménienne]. Je suis choqué car, d’une certaine manière, il semble exprimer le regret qu’il y ait encore 400 000 Arméniens survivants en France ».
Recevant jeudi Jean-Louis Debré et les quatre présidents de groupe parlementaire, Tuyyep Erdogan s’était étonné que « 400 000 Arméniens puissent faire échouer un référendum » en France, seul pays où le Parlement a reconnu l’existence d’un « génocide arménien ». Erdogan avait ajouté que la communauté turque comptait, elle, 500 000 membres.
Pourtant, selon les parlementaires français, le chef du gouvernement turc « a évolué » sur le sujet. Jean-Marc Ayrault (PS) a noté une « ouverture » du côté de l’exécutif turc qui a proposé la constitution d’une « commission internationale d’historiens sous l’égide des Nations unies » afin de faire la lumière sur les « massacres » de 1915. Une proposition qui semble recevoir la bénédiction du patriarche arménien Mesrob II. Recevant vendredi les parlementaires français, il a estimé que la question du génocide arménien devait « être réglée par les historiens » et n’était « pas une affaire politique ».