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La Turquie réforme sa monnaie pour affirmer son progrès économique

dimanche 26 décembre 2004

Courrier International - 25/12/2004

ANKARA (AFP) - Avec en poche un feu vert pour entamer des négociations d’intégration à l’UE et l’assurance d’un nouveau crédit du Fonds monétaire International (FMI), la Turquie s’apprête à lancer le 1er janvier une nouvelle monnaie dans le but d’affirmer sa stabilité économique.
L’introduction de la nouvelle livre turque (YTL) doit, selon le gouvernement turc, confirmer le recul spectaculaire de l’inflation chronique en Turquie, une récompense pour les réformes douloureuses que le pays a entreprises à partir de 2001, lorsqu’elle a été frappée par l’une des pires récessions de son histoire.

La réforme supprimera six zéros de la livre turque (TL), transformant la monnaie en YTL.

Les Turcs pourront obtenir 0,7 dollar et 0,5 euro avec la nouvelle livre turque à la place de l’humiliante actuelle livre qui ne vaut que 0,0000007 dollar et 0,0000005 euro.

Le gouvernement a tenu à rassurer les consommateurs et les marchés.

La transition sera souple, non-inflationniste et simplifiera les calculs dans un pays où les salaires se chiffrent à des centaines de millions, voire des milliards, et le budget annuel à des quatrillions (mille trillons).

La Turquie détient la plus grande coupure mondiale - de 20.000.000 TL. La plus petite pièce est de 50.000 TL.

Selon les analystes, la transition aura un effet minimal sur les prix car les chiffres à six zéros ont déjà arrondi naturellement les prix au cours des années.

En outre, un taux de conversion simple devrait faciliter les choses pour les consommateurs.

Les deux monnaies auront cours simultanément pendant l’année 2005, avec des étiquettes en TL et YTL.

La loi réintroduit le kurus (centime) qui avait disparu il y a plus de vingt ans.

Cette réforme est saluée par les experts qui y voient le signe d’une volonté d’enterrer des décennies de marasme économique pour un pays qui doit entamer le 3 octobre prochain des négociations d’adhésion avec le club européen. A ce moment là la Trurquie devra affronter des réformes plus difficiles.

« C’est important, car (cette réforme de la livre) est une volonté de la Turquie de démontrer qu’elle est sérieuse à vouloir se transformer, qu’elle n’est pas une république bananière », déclare Faruk Selcuk, maître de conférences à l’Université Bilkent d’Ankara.« C’est la conséquence inévitable de la transformation en cours », estime-t-il.

Les hausses de prix à la consommation de 125% en 1994, de 68.5% en 2001, sont aujourd’hui de 9,8% grâce au programme de réformes structurelles, soutenu par le FMI avec des fonds de 16 milliards de dollars qui ont sauvé l’économie de la aillite.

Les taux d’intérêt ont considérablement diminué et la monnaie turque, éprouvée par des années turbulentes, s’est enfin stabilisée.

Le gouvernement a prévu une croissance de 5% pour 2004.

Le FMI devrait aussi prochainement débloquer 10 milliards de dollars de crédits pour Ankara dans le cadre d’un nouvel accord stand-by de trois ans qui devrait consolider les progrès de l’économie.

« L’opération monétaire du gouvernement risque très peu d’échouer tant que la Turquie applique la politique économique et la rigueur budgétaire actuelles et maintient sa détermination de s’intégrer au monde développé », estime M. Selcuk.

Aux termes du nouvel accord avec le Fonds, la Turquie espère réduire l’inflation à 8% en 2005, 5% en 2006 et 4% en 2007.

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