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Le Véritable Sujet

dimanche 23 octobre 2005, par Deniz Yücel Sylvestre, Emre Kongar

Cumhuriyet 10 octobre 2005
Traduction Deniz Yucel Sylvestre

Toujours dans l’objectif de présenter à nos lecteurs la vision turque à propos de l’attitude de l’Union Européenne, voici une autre traduction de la presse turque. Le fait que nous la publiions ne signifie pas nécéssairement que nous soyons en accord avec l’ensemble de son contenu - ndlr

Avec la précieuse(!) participation de nos politiciens au pouvoir, de nos médias et de ceux qui utilisent les mêmes méthodes que certains groupes marginaux, en Turquie, désormais, les débats sur les relations entre l’UE et la Turquie sont devenus impossibles, comme presque tous les autres débats :

Dès que quelqu’un émet une observation sur l’accord fixant le cadre des négociations, l’attaque est prête immédiatement :

« Partisan du statu quo, de l’isolement, faiseur de tiers-monde, fasciste nationaliste ! »

Ou bien, dès que quelqu’un s’exprime en montrant les pièges qui se trouvent dans l’accord fixant le cadre des négociations, en disant que le seul objectif de la Turquie moderne et contemporaine, dans l’arène internationale, est de faire l’union avec l’UE, les accusations arrivent :
« Nervi de l’Impérialisme, partisan de l’UE, ennemi de la Turquie ».

La vérité est que la république Turque est en train d’entrer dans une grande période de changements, comme le monde entier, avec la révolution informatique qui est la troisième grande révolution de l’humanité après les révolutions agricole et industrielle.

Mais, personne ne discute des effets sociologiques, politiques et économiques de ces changements.
Personne n’étudie avec sang-froid comment la Turquie doit faire face à ces changements.
Obstinément, il y a crêpage de chignons :
« Tu es un traître ! »
« Non, c’est toi ! »

Dans l’atmosphère querelleuse créée et dans le désordre des idées produites, le Kémalisme fait devenir incrédule. Les deux groupes interprètent le Kémalisme comme ils l’entendent et ils essaient d’en faire les fondations de leurs propres idéologies.

Maintenant, essayons de remettre en place, avec sang-froid, le débat et les idées en distinguant le vrai du faux :

Pour la Turquie, le Kémalisme est la route de la civilisation, de la science et du modernisme. Cela signifie, à notre époque, ce qui est écrit dans notre Constitution « un Etat démocratique, laïc, social et de droit ».

Tant que l’UE reste une Union, soit entre eux soit avec la Turquie, qui vise cet objectif, bien sûr que l’adhésion de la Turquie à l’UE convient au Kémalisme.

Le problème prend sa source de trois éléments ;

Premièrement, l’UE, de temps en temps, exprime un penchant à dévier de cet objectif à cause d’éléments racistes, nationalistes et religieux qui se trouvent à l’intérieur d’elle-même. Comme, par exemple, les efforts fournis pour ajouter à la Constitution Européenne des références aux valeurs chrétiennes.

Deuxièmement, l’UE ne traite pas la Turquie à l’égal des autre pays membres dans « l’accord fixant le cadre des négociations ».

Troisièmement, les militants extrémistes de groupes comme les Arméniens, les Grecs, les Frères kurdes, essaient de faire prendre en compte, contre la Turquie, leurs demandes qui prennent source dans des problèmes historiques. De temps en temps, ils obtiennent satisfaction, comme avec la demande de reconnnaître le génocide Arménien du Parlement Européen.

En résumé, l’adhésion à l’UE comme l’accomplissement d’un idéal n’est sans doute pas en contradiction avec le Kémalisme, au contraire ça y correspond, mais....

Voilà, il y a un grand « Mais » ;

La République Turque, qui veux réaliser son idéal « d’un état démocratique, laïc, social et de droit » dans le projet de modernité contemporaine que représente l’UE, doit faire face à des actions se mettant au travers du Kémalisme et de son patriotisme et pouvant la conduire à dévier de son objectif à cause des trois sujets suivants :

  1. La Turquie ne baisse pas la tête devant la férule des éléments religieux, discriminatoires et racistes.
  2. La Turquie n’accepte pas, des insistances européennes, des conditions d’adhésion de deuxième classe ni de subir une discrimination.
  3. La Turquie n’accepte pas de faire des concessions à des groupes adverses à cause de ses problèmes nationaux issus de l’histoire et n’ayant rien à voir avec l’UE. Autrement dit, au nom du Kémalisme et du patriotisme, l’objectif est juste mais, dans la pratique, la proposition contient des conditions inacceptables pour la Turquie.

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