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Le mois sacré en Turquie : piété dans un environnement laïc

mardi 11 octobre 2005, par Hassan Aourach

Le Matin du Sahara

A l’instar de l’ensemble des pays musulmans, le mois sacré de Ramadan imprègne la Turquie, malgré la laïcité déclarée et farouchement défendue par l’Etat, des moeurs et des comportements quotidiens d’une population à majorité écrasante musulmane et respectueuse des rites de la sainte religion.

Le début du mois de Ramadan étant fixé en fonction du calendrier grégorien, les Turcs savaient depuis longtemps que le début du jeûne était fixé pour le mercredi 5 octobre, comme ils savent, d’ors et déjà, que l’Aïd sera célébré le 3 novembre prochain. La foi et la croyance profondes de près de 98 % de musulmans composant la population turque, s’épanouissent durant le mois d’abstinence dans une ambiance de tolérance exceptionnelle manifeste à travers la cohabitation et le respect mutuel marquant, tout au long de la journée, les rapports entre la majorité des jeûneurs et la minorité des non-jeûneurs.

A travers toute la Turquie, en particulier dans les grandes villes, les restaurants, les cafés, les snacks et les bars restent ouverts durant la journée pour servir les personnes qui ne jeûnent pas et les non-musulmans.
L’Etat turc ne prend aucune mesure d’accompagnement administrative à l’occasion du Ramadan. Les horaires de travail, aussi bien dans le secteur public que privé, restent inchangés, cependant une grande souplesse est tolérée afin de permettre aux personnes qui jeûnent de quitter les lieux de travail à temps pour le f’tour.

A l’occasion du mois sacré, les rues marchandes et souks d’Uluz, quartier populaire de la capitale Ankara, connaissent une animation exceptionnelle.
Les étalages des commerces rivalisent d’offres pour attirer la nombreuse clientèle qui s’approvisionnait en friandises, gâteaux, produits alimentaires et autres ingrédients nécessaires aux différents mets dominant en particulier les tables des repas du f’tour.

Les Turcs rompent le jeûne par l’incontournable « chorba » (soupe), dont les ménagères rivalisent en variétés, allant de la Chorba au yaourt, à la soupe aux légumes, des hors-d’œuvre composés généralement de fromage blanc, des variétés de briques frits avec du fromage ou farcies de viande hachée, des saucisses et des olives noires. Le menu étant des plus consistants, la table du f’tour ne manque pas d’autres plats de résistance composés généralement de grillades des viandes blanches et rouges et plusieurs salades, avant de servir un dessert de gâteaux et friandises dont la fameuse « baklava » (feuilles de pâte mielleuses fourrées de noisettes).

Durant tout le mois sacré, les nombreuses mosquées d’Ankara connaissent une affluence exceptionnelle, et les programmes des chaînes de télévision offrent une variété d’émissions sur la portée et significations du jeûne, agrémentées par des programmes de variétés et de divertissement. Ramadan étant aussi un mois de générosité et de solidarité, concrétisé par les dons des nombreux organismes et associations de bienfaisance qui offrent aux démunis des repas de f’tour dans plusieurs sites aménagés spécialement notamment dans les grandes villes telles Ankara, Istanbul et Izmir. A l’occasion du mois sacré, les derviches tourneurs donnent plusieurs représentations à Binbirdirek Hall à Istanbul.

11.10.2005 | 12h30
Hassan Aourach (MAP-Ankara)

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