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L’armée pèse sur la vie politique en Turquie, selon un rapport

samedi 18 juillet 2009, par REUTERS Ayla Jean Yackley / Version française Eric Faye

Le gouvernement turc n’exerce pas réellement son contrôle sur l’armée et la police, ce qui empêche le pays, candidat à l’Union européenne, de mettre pleinement en œuvre des réformes sur le plan de la démocratisation et des droits de l’homme, conclut un club de réflexion turc dans un rapport.

La police et les forces armées opèrent de manière autonome et l’armée domine fréquemment la politique, ce qui « inverse » le type de rapport qui existe dans d’autres pays démocratiques entre les élus et l’appareil de sécurité, lit-on dans ce rapport, réalisé par la Fondation d’études économiques et sociales turques, ou Tesev.

L’Union européenne demande à Ankara de placer l’armée, qui s’est emparée du pouvoir à trois reprises depuis 1960, sous l’autorité du pouvoir politique, afin de mettre la Turquie en conformité avec les normes européennes et de faire progresser sa candidature. Les Vingt-Sept demandent également à Ankara d’éradiquer la torture et ont fait savoir que l’impunité dont jouit la police était source de préoccupation.

Le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, issu du parti islamiste AKP, se heurte régulièrement à l’état-major de l’armée, qui voit d’un oeil suspect cette formation depuis son arrivée au pouvoir en 2002.

« L’UE a fixé un cap sur les questions de sécurité (...), mais les progrès sont illusoires », a déclaré Ahmet Insel, professeur d’économie à l’université de Galatasaray et coauteur du rapport, lors de la conférence pendant laquelle a été présenté le rapport.

VIOLENCES POLICIÈRES EN HAUSSE

« L’autorité militaire continue de jouer un rôle dominant dans les sphères civiles et politiques, en tant que partie intégrante de la structure politique de la Turquie », ajoutent les auteurs du rapport.

Le débat public sur le conflit kurde, sur la laïcité et sur d’autres questions délicates est pour ainsi dire impossible parce que l’armée considère ces sujets-là comme relevant de la sécurité nationale, ajoute Tesev. L’armée, d’autre part, joue un rôle dans la formulation de la politique intérieure et de la politique étrangère, continue le club de réflexion, d’orientation libérale.

Selon ce rapport, l’armée exerce une influence sur les responsables élus qui siègent au Conseil national de sécurité, en dépit de la loi de 2003 prévoyant qu’il soit dirigé par un civil.

D’autre part, a accusé Insel, les dépenses militaires souffrent d’un manque de transparence et les civils n’ont guère les moyens de superviser les contrats d’achat d’armes ou d’en débattre.

Selon lui, les dépenses annuelles totales en matière de sécurité en Turquie sont de l’ordre de 30 milliards de livres turques (19 milliards de dollars), soit plus de 3% du PIB, ce qui en fait le deuxième plus gros budget de l’Etat après l’éducation. Jusqu’en 2003, c’était le plus gros budget.

Le rapport de Tesev conclut en outre que les violences policières ont augmenté depuis 2006, année où une loi sur les pouvoirs policiers a accru l’autorités et l’impunité de l’institution policière, y compris dans le domaine de l’utilisation des armes.

Selon des statistiques gouvernementales, le nombre d’incidents comportant des mauvais traitements ou des cas de torture a doublé au premier semestre 2008, passant à 204 cas.

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Voir en ligne : http://fr.news.yahoo.com/4/20090708...

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