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Tourisme : L’exemple de la Turquie : Professionnalisme, sérieux et dynamisme)

Une expérience à méditer

mardi 17 mai 2005, par Mohamed Rial

L’Opinion.ma (Maroc) 17/05/2005

Parlons chiffres officiels d’abord. La Turquie, pays musulman à 98% reçoit 24 millions de touristes par an (dont 15 millions à Istanbul). 14 milliards de dollars de revenus touristiques. Un Million de lits hôteliers dont 350 000 à Istanbul, 500 000 dans les diverses stations balnéaires (une bonne trentaine principalement du côté de la Méditerranée avec la destination phare Antallia). Le reste à travers le pays.
La Turquie dispose de 30 000 sièges avions, 20 000 voitures de location, 6800 bus et 4500 mini bus (27 places) pour le transport touristique terrestre. Une forte fédération des agences de voyages qui compte 4500 voyagistes. La stratégie touristique actuelle vise 50 millions de clients en 2010, soit au passage, 5 fois plus que la vision marocaine. L’aéroport d’Istambul, avec sa capacité de 18 millions de passagers par an, reçoit 32 avions par heure. Pas de fiches de police ni à l’entrée ni à la sortie.

Face à la durée d’attente actuelle, au départ de l’aéroport Mohammed V de Casablanca et les diverses défaillances des prestations de service, il n’y a aucune comparaison ; autant comparer un Jambo jet avec un petit avion de quatre places.

L’histoire du tourisme en Turquie constitue une vraie expérience mais aussi une bonne leçon à retenir et à méditer pour notre pays. Ce pays musulman a débuté les activités touristiques en 1982 avec le lancement d’une grande campagne de réalisation de stations hôtelières et de construction d’hôtels.

En 1985 commence la vraie exploitation du tourisme, marquée il y a à peine une quinzaine d’années, d’une vraie ouverture du ciel. Vingt ans après, les résultats sont là, à la fois importants, imposants et plus prometteurs encore pour l’avenir.

Le tourisme culturel à Istanbul (une très grande métropole de 157 Km de long et de 75 Km de large et ses 15 millions d’habitants) est un vrai produit qui draine énormément de visiteurs. Les établissements de culte musulman ainsi que chrétien jouissent d’un intérêt particulier de la part des touristes. Pour les visiteurs musulmans, Istanbul, avec ses 2080 Mosquées est une grande référence en la matière. Le musée Top Kapi, avec ses trésors sacrés (El Amanate Al Moukadassa) : emprunte du pied du Prophète Sidna Mohammed, sa dent, son épée et les épées des quatre Kalifs : Aboubakr, Othman, Omar et Ali, ne peut laisser indifférent tout musulman. Une visite emprunte d’une valeur sentimentale et de croyance et de dévotion chaleureuses difficilement explicables, qui vous donne la chaire de poule et les larmes aux yeux. C’est d’ailleurs le lieu le plus visité par les musulmans qu’ils soient marocains ou d’autres nationalités. Istanbul reçoit 15 millions de touristes par an.

Notre tourisme culturel, avec ses sites historiques, ses musées et son patrimoine divers, fait figure de parent pauvre. Il n’est pas valorisé par le ministère de la culture, premier responsable, comme il est incroyablement oublié par les élus locaux et les Autorités où se trouvent les sites et le patrimoine culturel. Bref un vrai laisser aller qui constitue une injure face aux richesses en la matière dont regorge notre pays, qui, même dans cet état, fascinent les visiteurs. IL va falloir se réveiller sérieusement et revoir ces bêtises impardonnables dans le cadre d’un vrai développement des potentialités touristiques du Maroc dont le tourisme culturel, entre autres.

En matière de service dans le secteur du tourisme en Turquie, nous avons beaucoup à apprendre à travers des réalisations de terrain. Le problème de l’hygiène par exemple est traité d’une façon professionnelle efficace, aussi bien dans les hôtels que dans les restaurants ou sur les sites historiques et partout ailleurs. Chez nous, l’absence de toilettes, leur mauvais entretien (en général ) y compris dans nos aéroports, restaurants et autres lieux, leur inexistence tant en qualité qu’en quantité suffisante sur nos routes et dans les fameux « aires de repos publics » (le cas du tronçon routier Agadir Marrakech qui relie deux grandes villes touristiques avec une centaine de bus touristiques par jour, est bien révélateur à ce sujet...), constituent une vraie honte pour notre tourisme. Jusqu’à quand va-t-on laisser les choses ainsi ?

L’expérience touristique turque et son développement constituent ainsi une bonne référence pour le Maroc. Voilà un pays musulman de 70 millions d’habitants, dirigé par un Premier ministre islamiste, qui arrive aisément à marier développement économique, respect et pratique religieuse. Une bonne ouverture d’esprit occidentale révélatrice, des lieux de loisirs publics, sans aucun complexe, bien animés et ouverts à tous. Des hôtels et restaurants qui tournent à fond. Une liberté citoyenne affichée sans aucune agressivité, ni méchanceté en ville. Bref un respect de la religion, celui des traditions marié à une modernité éclatante qui font des Turcs une nation à part dans le monde musulman. Une bonne réussite face à l’obscurantisme et à l’intégrisme qui se développent de nos jours d’une manière absurde.

Les Turcs vouent un profond respect et une bonne considération pour les Marocains qu’ils qualifient encore des habitants de Fès (l’ancien nom du Maroc durant la dynastie des Otomans). Il est à rappeler que le Maroc est le seul pays maghrébin qui n’a pas connu de tutelle otomane en comparaison à ses voisins. Le respect vient en partie de cela aussi. Reste à savoir que les Turcs ne connaissent pas grande chose du Maroc moderne ni d’ailleurs des marocains ; d’où la nécessité de saisir cette opportunité du tourisme pour une connaissance mutuelle édifiante. Les deux pays y gagneront en terme de développement économique, développement des relations humaines et culturelles qui baignent déjà dans une entente politique cordiale exemplaire.

A suivre : La Fédération turque des agences de voyages : un bon partenaire pour le développement du tourisme dans les deux pays.

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