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Municipales en Turquie : le parti d’Erdogan domine mais reçoit un avertissement

lundi 30 mars 2009, par AFP

Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) était en tête aux élections municipales de dimanche en Turquie avec 39,5% des voix, chiffre toutefois en deçà des prévisions du Premier ministre qui dirige ce parti au pouvoir depuis 2002.

L’AKP était suivi avec 20,2% du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force d’opposition au parlement.

Arrivait en troisième position le Parti de l’action nationaliste (MHP, nationaliste) avec 16,7% des suffrages, selon le dépouillement de près de la moitié des bulletins.

Les élections ont été émaillées de violences qui ont fait cinq morts et près d’une centaine de blessés, principalement en Anatolie (sud-est) à dominante kurde.

Les sondages donnaient l’AKP en tête, avec 40% à 48% des suffrages, en dépit d’un chômage record et d’une économie frappée par la crise mondiale.

Dans une interview diffusée vendredi soir, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ancien maire d’Istanbul, avait jugé que son parti essuierait un échec s’il obtenait moins de 47% des voix, son score aux législatives de 2007.

Si ces résultats partiels étaient confirmés au terme du dépouillement total des bulletins, l’AKP obtiendrait donc un score en deçà de celui visé par M. Erdogan qui s’est personnellement engagé dans ces élections aux allures de référendum, sillonnant le pays depuis des semaines.

L’opposition réalise une percée dans les deux grandes métropoles, Istanbul et Ankara, sans pour autant les remporter, selon un décompte encore partiel.

Le Parti pour une société démocratique (DTP, pro-kurde) conserve pour sa part la principale ville du sud-est à majorité kurde, Diyarbakir, ainsi que plusieurs autres villes de la zone la plus défavorisée du pays et théâtre d’une rébellion sécessionniste kurde depuis 1984.

Quelque 48 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire leur représentants dans les administrations locales.

M. Erdogan souhaitait que ce vote renforce son parti afin de lui permettre de mener à bien des réformes pour se rapprocher de l’Union européenne (UE).

De nombreux Turcs attribuent à l’AKP la stabilité politique de ces dernières années. Le parti a échappé de justesse l’an dernier à une procédure de dissolution lancée à la suite d’une bataille entre le gouvernement et le camp laïque.

« L’AKP a perdu de son charme (...) et un parti politique qui voit sa popularité s’effriter comme aujourd’hui risque de perdre les prochaines élections générales », a estimé l’analyste politique Taha Akyol sur la chaîne d’information CNN-Turk, parlant d’un avertissement des électeurs.

Selon Fikret Bila, journaliste et chroniqueur au journal libéral Milliyet qui s’est exprimé sur la même chaîne, l’« AKP doit prendre très au sérieux la mise en garde » qui lui est adressée par les électeurs.

Avis partagé par Murat Yetkin du même journal libéral qui estime, dans un jargon footbalistique, que l’électeur a « montré un carton jaune au Premier ministre ».

Wolfango Piccoli, du groupe Eurasia à Londres, spécialisé dans le risque politique, avait estimé dans une note adressée aux investisseurs que si l’AKP tombait en dessous des 40% des voix, « l’opposition pourrait demander la tenue d’élections anticipées ».

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Sources

Source : AFP, 29-03-09

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