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La Turquie restaure une église arménienne dans un geste vers l’Arménie

lundi 2 avril 2007, par Açikçay

Source : AFP

La Turquie a célébré jeudi dernier l’achèvement de la restauration d’une ancienne église arménienne de l’est du pays, entreprise dans un geste de bonne volonté en direction de l’Arménie avec qui les relations bilatérales restent empoisonnées par un passé sanglant.

La cérémonie sur la petite île d’Akdamar -Akhtamar en arménien, au milieu du lac de Van, dans la province éponyme- où l’église de la Sainte-Croix, bâtie au Xe siècle, a été rénovée pour un coût de 1,4 million d’euros (1,9 million de dollars), a été retransmise en direct par les chaînes de télévision turques.

Les responsables turcs ont salué la restauration de l’édifice comme un pas vers la réconciliation avec l’Arménie.

Le dirigeant de l’Eglise apostolique d’Arménie, Karékin II, avait décliné l’invitation envoyée par Ankara au motif que l’église de la Sainte-Croix avait été restaurée pour devenir un musée au lieu de retrouver sa fonction cultuelle et qu’il ne s’agirait donc pas d’une cérémonie religieuse.

Le patriarche Mesrob II, chef de la petite communauté arménienne de Turquie, a, en revanche, assisté à la cérémonie et enjoint dans son discours le gouvernement de permettre la tenue de célébrations religieuses dans l’église.

« L’organisation d’une célébration religieuse une fois par an sur Akdamar et d’un festival en corollaire attirerait des gens dispersés dans le monde entier sur cette île pour prier », a-t-il déclaré.

« De cette façon, je l’espère, des pas peuvent être faits qui vont établir un jour l’atmosphère de dialogue entre les deux peuples qui nous a jusque là fait défaut », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait envoyé une lettre à cet effet au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

L’église, construite entre 915 et 921 avait été abandonnée après la première guerre mondiale, au cours de laquelle les Arméniens affirment que jusqu’à un million et demi des leurs ont été massacrés par les Turcs ottomans, dans ce qu’ils considèrent comme un génocide -un qualificatif rejeté par Ankara qui évoque des massacres réciproques.

Ankara a reconnu l’indépendance de l’Arménie en 1991 mais n’entretient pas de relations diplomatiques avec ce pays en raison de ses efforts pour la reconnaissance par la communauté internationale du caractère génocidaire des massacres.

Les efforts de réconciliation turco-arménienne ont été assombris par l’assassinat en janvier du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, abattu à Istanbul par un adolescent proche de la mouvance ultra-nationaliste.

(©AFP / 29 mars 2007 16h37)

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