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Etudiants emprisonnés en Turquie : manifestation sous forme de cours

mardi 17 avril 2012, par Comité « Touche pas à mon étudiant ! », Etienne Copeaux

« Touche pas à mes étudiants ! » - Pour alerter l’opinion publique, le mouvement de solidarité avec les étudiants emprisonnés a organisé un cours devant l’entrée de la prison de Tekirdağ. Thème de la leçon : l’écologie

Pour attirer l’attention sur les quelque 600 étudiants et lycéens actuellement emprisonnés en Turquie, des enseignants ont organisé hier, et pour la deuxième fois, un cours-manifestation devant la prison de « type F » de Tekirdağ.

Un bon nombre d’universitaires, venant de divers établissements de Turquie, qui avaient initié la campagne « touche pas à mon étudiant », prenant en mains le problème des arrestations d’étudiants, sont à l’origine d’initiatives pour attirer l’attention du public.

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Cours devant l’entrée de la prison de Tekirdağ

C’est à Tekirdağ que se trouve le plus grand nombre d’étudiants emprisonnés. Aussi c’est devant l’entrée de cette prison de « type F » [haute sécurité] que le cours a été organisé. Les gendarmes avaient circonscrit l’événement de barrières de sécurité. Les enseignants ont demandé à rencontrer leurs étudiants détenus, mais le procureur de permanence n’a pas accepté.

Des tables et des chaises ont été installées devant la prison, transformant le lieu en salle de cours. Comme les gendarmes ont refusé que les pancartes [clamant les revendications des manifestants] soient apposées aux barrières de sécurité, les enseignants les ont tenues durant toute la durée du cours. Avant le cours, Bediz Yılmaz, enseignant à l’université de Mersin, a fait l’appel des étudiants détenus à Tekirdağ.

Pour commencer son cours, la professeure Beyza Üstün, de l’université technique de Yıldız, a déclaré : « Nous sommes venus pour nos étudiants qui sont emprisonnés ici. Leur place n’est pas ici, elle est en cours. » L’enseignante a fait cours sur la transformation de l’eau en marchandise, et sur les dommages causés par les centrales hydroélectriques, dont les réserves d’eau ne sont pas restituées à la nature.

« En tout lieu, l’eau est entre les mains des entreprises pendant un bail de 49 ans. Elles ont mis la main sur les cours d’eau, malgré les lois, malgré les réglementations de protection. Où va cette eau ? Dans des canaux. Les conduites privent la vie, tant souterraine que de surface, des ressources en eau. La population anatolienne s’est élevée contre cet état de choses. Mais il reste tous ceux qui ne se révolteront pas : les oiseaux, les arbres, les plantes, les êtres vivant dans le sous-sol. A qui profite cette eau emprisonnée dans des conduites ? A d’autres entreprises qui l’achètent. Elle n’atteindra jamais ceux qui n’ont pas d’argent. » (…) Par ailleurs, 300 travailleurs ont perdu la vie dans ce processus de marchandisation de l’eau, sans que la presse ne s’en émeuve. »

Ali Saysel, enseignant à l’université du Bosphore, a qualifié le XXIe siècle de « siècle de crise écologique », et a souligné que cette crise pouvait être surpassée par un combat socialiste structuré.

L’initiative a reçu le soutien d’un groupe d’enseignants syndicalistes (Eğitim-Sen) de Tekirdag. Précédemment, un cours avait été organisé devant la prison de Bakırköy. Nükhet Sırman (Université du Bosphore) et Ayten Alkan (Université d’Istanbul) avaient parlé du genre social.

Après le cours, les participants ont rédigé des cartes postales pour les étudiants emprisonnés à Tekirdağ. On notait la participation à ce cours symbolique des universitaires Gülşah Kurt, Zeynep Kıvılcım, Esra Atuk, Seçil Doğuç, Başak Demir, Bediz Yılmaz, Mehmet Karlı, Zeynep Savaşçın, et Selin Pelek.

[Cette dépêche publiée par bianet.org a été rédigée par les membres de l’Initiative de soutien aux étudiants emprisonnés - Tutuklu Öğrencilerle Dayanışma İnisiyatifi]

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Sources

Traduction par Étienne Copeaux de l’article publié par Bianet le 13 mars 2012 sous le titre : Öğrencime Dokunma - Tekirdağ Cezaevi Önünde Ders

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