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À New York, Abdullah Gül plaide pour un Moyen-Orient dénucléarisé

jeudi 30 septembre 2010, par Jean Marcou

Abdullah Gül à New York

S’exprimant lors de la 65e Assemblée générale des Nations Unies à New-York, le 20 septembre 2010, Abdullah Gül a plaidé pour un Moyen-Orient totalement dénucléarisé. Son discours à la tribune de l’ONU a confirmé les déclarations qu’il avait faites à la presse auparavant, en particulier sur le dossier nucléaire iranien.

Dans une interview au « Wall Street journal », le président turc avait en effet déclaré que son pays était impliqué dans une coopération active avec les Etats-Unis, pour éviter que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire. Mais il avait rappelé que la Turquie appliquait sans conviction les sanctions récemment décidées contre Téhéran, en les considérant comme « improductives », tout en souhaitant que le différend avec ce pays puisse trouver une solution pacifique.

Toutefois, les propos du président turc prônant une dénucléarisation du Moyen-Orient visaient sans doute aussi et surtout Israël, puisque l’Etat hébreu est le seul de la région à posséder l’arme nucléaire, même s’il ne le reconnaît pas officiellement. Les déclarations d’Abdullah Gül risquent donc d’énerver Washington un peu plus, puisque ces derniers jours, alors même qu’Israël et l’Autorité palestinienne essayent de renouer un dialogue interrompu de longue date, le président américain avait demandé aux pays arabes de ne pas relancer le débat sur le nucléaire israélien pour ne pas gêner ce processus. La Turquie n’est certes pas un pays arabe, mais il est peu probable que l’administration américaine ait apprécié les propos du président turc et ce d’autant plus que sa visite à New York s’est soldée par un nouvel incident avec Israël.

En effet, le président israélien Shimon Peres a déclaré, le 21 septembre, avoir refusé une invitation de son homologue turc, en raison des exigences formulées par celui-ci. Le projet d’une rencontre entre les deux hommes avait été évoqué la semaine dernière par le quotidien pro-gouvernemental « Zaman ». Si elle avait eu lieu, celle-ci aurait constitué le premier contact officiel à un tel niveau entre Ankara et Tel Aviv, depuis l’affaire de la flottille « Free Palestine », le 31 mai dernier. Pour sa part, interrogé sur le devenir de ce projet d’entrevue, le président Gül a déclaré : « Mon programme ne me le permet pas ». Il a en outre précisé que des excuses ne résoudraient pas le différend entre les deux pays et que la Turquie attendait aussi des réparations. Le président Gül a toutefois déclaré qu’il n’y avait pas de rupture entre la Turquie et l’Occident, et que son pays continuait à œuvrer pour une pleine adhésion à l’Union Européenne.

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Sources

Article publié sur le blog de l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT) le jeudi 23 septembre 2010 sous le titre : À New York, Abdullah Gül plaide pour un Moyen-Orient dénucléarisé.

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