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Istanbul, fin d’Empire : à la rencontre de photographes et de sultans ottomans

mercredi 14 décembre 2011, par Marie-Antide

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Dans son dernier ouvrage, « Istanbul, Photographes et Sultans, 1840 – 1900 », Catherine Pinguet vous emmène à la rencontre de personnages surprenants :

- voyageurs européens qui se rendent à Constantinople munis des premiers procédés photographiques (Gérard de Nerval, Girauld de Prangey),
- résidents étrangers qui s’initient à ce nouveau médium (Ernest de Caranza, James Robertson),
- premiers opérateurs locaux à la tête des grands studios de la capitale ottomane (Vassilaki Kargopoulo, Pascal Sebah, les frères Abdullah),
mais également sultans ottomans (Abdülmecid 1er, Abdülaziz, Murad V et Abdülhamid II) qui entretiennent un rapport singulier à leur image et à celle de leur Empire.
Dans ce livre, une place de choix revient à Abdullah Frères (Viguen, Kevork et Hovsep), premiers photographes officiels à la cour ottomane dont la carrière s’est trouvée liée à une série d’événements : défaite des Ottomans face à la Russie, question arménienne, politique inédite de l’image mise en œuvre par le sultan Abdülhamid II.

Catherine Pinguet fait revivre la carrière de ces pionniers de la photographie et raconte le rapport entre ces « faiseurs d’image » et le pouvoir de la Sublime Porte.

Avec les frères Abdullah, Arméniens et photographes officiels du sultan

En 1863, les frères Abdullah furent nommés photographes officiels du sultan. Ils excellèrent dans les portraits de la famille impériale et de dignitaires de l’Empire, dans les panoramas de Constantinople et les reconstitutions de la vie quotidienne, en studio ou en extérieur : mélange des communautés ethniques et religieuses (Circassiens en arme, groupe de Juifs, étudiant kurde), scène de rues (chiffonnier entouré de chiens des rues, vendeurs ambulants, pompiers volontaires) et lieux incontournables, qui figuraient dans tous les guides touristiques (bazars, palais de Topkapı, tour et pont de Galata, Bosphore avec ses villages et ses guérites de pêcheurs, couvent de derviches tourneurs).

Fins commerçants, ils surent produire des clichés qui répondaient aux attentes des voyageurs occidentaux en quête d’un Orient fantasmé. Dans leur studio, ils mirent en scène des jeunes femmes à la magnifique chevelure dégustant un café turc, des femmes musulmanes au visage dissimulé sous un voile de mousseline blanche, des européens déguisés en Ottoman …

Les frères Abdullah surent enfin mettre leurs talents au service du pouvoir. Ainsi, le sultan Abdülaziz leur commanda une série de clichés pour l’Exposition universelle de Paris, en 1867. Ils y acquirent une renommée internationale et le prince de Galles leur proposa même d’ouvrir un studio à Londres. Cette offre resta sans suite car selon eux, « une lumière abondante est primordiale pour obtenir une bonne photographie » !

À propos des auteurs

Catherine Pinguet a vécu 12 ans à Istanbul où elle a enseigné la littérature comparée dans différentes universités. De cette ville, elle puise un style vif et coloré, des phrases rythmées et musicales. De son esprit visionnaire et rigoureux, elle tire un goût du détail historique et de l’anecdote pittoresque qui enchantent l’imagination. De son intérêt pour l’histoire, elle emprunte un cadre et des jalons précieux pour expliquer un Empire ottoman en pleine déliquescence.

Les 150 photographies, qui illustrent Istanbul, Photographes et Sultans, 1840 - 1900 proviennent de la collection Pierre de Gigord. Voyageur passionné d’Orient, il n’a cessé, ces cinquante dernières années, de rechercher d’anciennes photographies d’Istanbul et de ses environs. Sa collection regroupe 11 000 photographies sur papier, 5 à 6 000 plaques de verre, et plus de 12 000 cartes postales. Les photographies, sélectionnées par Catherine Pinguet pour illustrer son propos, sont pour la plupart inédites.

De leur rencontre est né ce livre, histoire culturelle et sociale de Constantinople à la fin de l’Empire, riche de rencontres avec des témoins d’une époque complexe dans une capitale ottomane enfin loin du mythe !

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