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Livre : Le crépuscule des fourmis de Zaver Biberian

jeudi 27 septembre 2012, par Hervé Georgelin, Zaven Biberian

« Varlik vergisi », dans la Turquie de 1943, durant une guerre qui n’en est pas vraiment une, les chrétiens arméniens et grecs doivent payer un énorme impôt à l’état (ils perdent pratiquement tout ce qu’ils ont) ou bien aller servir de « terrassiers » à Achkalé. Les éditions « Aras Yayincilik » ont publié en turc le livre de Zaven Biberian, écrit en arménien. L’impôt et les travaux forcés sont l’argument qui sert de point de départ au narrateur revenu chez lui pour nous plonger dans la société arménienne de l’après-guerre à Bolis.

A ce moment se manifestent toutes les contradictions, les mensonges, l’hypocrisie et le dégoût d’une société qui n’a plus grand chose à promettre. Le livre est paru en français depuis un mois, sous le titre “le crépuscule des fourmis”. Une excellente traduction de Hervé Georgelin, on pourrait presque dire “avec l’accent”. Zaven Biberian a écrit un livre très intéressant, proche d’un thriller, Hervé Georgelin a eu le mérite de nous proposer une lecture facile et accessible (c’est-à-dire en français), qui nous plonge dans une atmosphère, que nous n’aurions pas imaginé aussi complexe et existentielle. A lire absolument.

Varvara Basmadjian pour Ecrittératures

Le résumé du livre par evene.fr

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Livre : Le crépuscule des fourmis de Zaver Biberian

Le roman de Zavèn Bibérian est un hapax dans la littérature arménienne occidentale. Il s’agit d’un roman inscrit dans la réalité turque, mais aussi dans l’individualisme désabusé et désorienté d’une génération qui doit supporter un présent qui voit s’effriter des valeurs ’arméniennes ’, généralement portées aux nues et déclarées essentielles, mais aussi porter un passé, celui du génocide, qui ne lui parle pas.

Le roman de Bibérian nous emmène dans une Istanbul des années 1940-50 qui a conservé une structure de population issue de l’expérience impériale de par la diversité de ses groupes religieux et linguistiques hérités de la Constantinople ottomane. C’est dans ce cadre qu’il campe les tribulations de son héros si peu héroïque, Bared, jeune arménien. De retour du service militaire, durant la Seconde Guerre mondiale, Bared retrouve après plusieurs années d’absence sa ville et les membres de sa famille, qui, en raison des restrictions, se retrouve dans une quasi misère.

Plus rien ne lui évoque alors le temps heureux de son enfance ou les promesses de sa première jeunesse. Commence alors le dur apprentissage de la vie adulte, qui voit l’une après l’autre les valeurs qui avaient fondé sa vie se désagréger comme autant d’illusions dans une nausée existentielle égarante. Balançant entre le collectif et l’individuel, ce roman arménien montre une grande synchronie réflexive avec la vie culturelle occidentale, dont Bibérian était proche par son éducation en partie française.

L’anti-héros, parfois sympathique, propose un contre-discours nationaliste arménien dont un lecteur, intéressé par le Proche-Orient, ne peut que s’étonner et se réjouir.

Fiche détaillée :

  • Auteur : Zaven Biberian
  • Traduction : Hervé Georgelin
  • Editeur : Metispresses
  • Date de parution : septembre 2012
  • Collection : Metier A Tisser
  • ISBN  : 2940406413
  • EAN  : 978-2940406418

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Sources

Livre : Le crépuscule des fourmis pour le commentaire de Varvara Basmadjian - Ecrittératures
Le crépuscule des fourmis de Zaven Biberian critique sur evene.fr

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