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Présidentielles : Aliye Öztürk jette l’éponge

jeudi 26 avril 2007, par Jeunes Civils, Marillac

L’épisode aura été bref : la première candidature politique de l’humour turc portée par Aliye Öztürk aura fait long feu. En jouant sur tous les symboles du sacré en politique turque (identité nationale, foulard, etc...) elle aura majoritairement suscité incompréhension et grincements de dents agacés. Une première dans un obtus microcosme idéologique où, généralement, la langue de bois le dispute à la provocation. Aliye Öztürk eut l’intelligence de prendre un recul plein de fraîcheur.
Abdullah Gül, ministre des Affaires Etrangères et grand artisan du lancement des négociations d’adhésion de son pays à l’UE, sera donc, d’ici peu, Président de la République turque. Souhaitons cependant que l’initiative de Aliye Öztürk puisse connaître de prochains développements...

Un message de Aliye Öztürk

" A tous ceux qui nous ont suivi durant cette campagne,

Nous voilà parvenus au terme d’une campagne de trois mois.

Nous ne sommes pas parvenus à nous procurer le soutien de 110 députés qui aurait pu nous conduire à une candidature officielle à la Présidence de la République.

Et à la lumière de ce bilan, nous comprenons que la Turquie n’est pas encore prête à accepter une Présidence de notre acabit. Le costume que nous nous étions taillé pour une telle Présidence est bien trop large pour le pays.

Tous nos vœux de réussite vont donc à M. Abdullah Gül, futur Président de la République turque. Je me fais forte de lui transmettre toutes les idées que nous avons évoquées et débattues tout au long de notre campagne.
A cette occasion, je tiens à renouveler tous mes remerciements à mes amis de la société civile, à commencer par le groupe des Jeunes Civils et le Mouvement pour un Horizon Politique.
Au plaisir de se retrouver pour l’élection du 12e Président de la République turque.
Aliye Öztürk.
"

Aliye Öztürk : l’une d’entre nous

Sa campagne fut lancée en trombe : partie d’Istanbul, elle a traversé l’Anatolie comme la foudre. Aliye Öztürk... Mais qui est-elle au juste, cette empêcheuse de « dervicher en rond » ?
Incomprise de par sa fraîcheur même, elle est la première à porter l’arme de la dérision au cœur d’un monde politique qui ne fonctionne, d’un côté comme de l’autre, que sur l’adoration du sacré. Petit portrait.

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Née en 1966 à Istanbul dans le quartier d’Usküdar, Aliye Öztürk est un personnage qui par un parcours très singulier est en mesure de représenter quasiment toutes les différences et les richesses de la société turque.

Son arrière grand-père était originaire d’Urfa : chef religieux kurde de la confrérie Naksibendi, il est mort en héros à Galipoli après s’être porté volontaire pour intégrer les rangs de l’armée ottomane. Son père, natif d’Istanbul, a dû quitter Salonique à la suite des guerres balkaniques : il est parti s’installer à Sivas où il a épousé une fille de famille turque alévie (chiite). Aliye Öztürk a suivi ses parents, tous deux professeurs, à travers toute la Turquie : son cursus scolaire s’est fait d’écoles en collèges de toute l’Anatolie. Son père étant chassé de l’enseignement lors du coup d’Etat du 12 septembre 80, elle a achevé son cycle lycéen à Istanbul. Découvrant récemment que sa grand-mère avait été adoptée par une famille de Trabzon et qu’elle était donc une orpheline arménienne, Aliye s’est rndu compte que son histoire personnelle correspondait en fait à celle de son pays.
En 1988, Aliye est sortie major de sa promotion à l’Université Technique du Moyen-Orient en Sciences Politiques et Administration ;
Elle est en outre titulaire d’un master délivré par l’Université de Columbia sur un travail consacré aux élections présidentielles en Turquie ; son doctorat réalisé dans le cadre de l’Université de Leiden portera sur « l’idéologie officielle et la société civile : les coups d’Etat en Turquie ».
Exclue de l’Université pour port du voile lors de la période qui a suivi le 28 février, Aliye Öztürk a continué de donner des cours dans diverses universités de par le monde : à Leiden (Hollande), à Columbia (USA), à Al-Azhar (Egypte), à Muin en Iran et à Tübingen en Allemagne.

Aliye Öztürk a occupé des postes à responsabilité dans le cadre de projets menés par l’UNICEF en Afrique du Sud : elle a d’ailleurs, à ce titre, reçu une distinction des mains de Nelson Mandela pour le rôle joué dans l’effacement progressif des traces et vestiges du régime raciste de l’apartheid.

Actuellement présente et active au sein d’organisation de la société civile comme les Jeunes Civils, le Mouvement pour un horizon politique, le Forum Rencontres et Amnesty International, Aliye Öztürk est mariée et mère de quatre enfants. Maîtrisant l’anglais, l’allemand, le kurde, le zaza, l’arabe et le persan, elle a publié de nombreux articles traduits en diverses langues comme plus d’une vingtaine de livres consacrés à des questions sociales ainsi qu’un recueil de poèmes : « Innocence ».
Pratiquant le foot, l’équitation, l’athlétisme, le patin à glace comme bien d’autres sports, Aliye Öztürk est connue pour sa cinéphilie. Elle n’en est pas moins une grande mélomane pratiquant à un niveau avancé des instruments aussi variés que le saz ou le ney (flûte).

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