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Turquie : La guerre contre le PKK exige de la transparence. 2- Aktütün

Entretien avec le colonel Isik, ancien commandant des forces spéciales

vendredi 14 novembre 2008, par traduction Anne Guezengar, Yonca Poyraz Dogan

Le colonel Isik, aujourd’hui retraité de l’armée, est connu en Turquie, pour avoir capturé Semdin Sakik, un des dirigeants du PKK. Il répond aux questions de Today’s Zaman .sur l’attaque d’Aktütün.

- Première partie

- Décrivez nous la région où est localisé le poste d’Aktütün.

Les postes militaires turcs d’Aktütün (où 17 soldats turcs ont été tués lors d’une attaque du PKK le 3 Octobre dernier NdT) et de Daglica (où 12 appelés avaient trouvé la mort et plusieurs avaient été pris en otage, un an auparavant) dans la zone de Semdinli (province d’Hakkari, NdT) sont situés dans une région de montagnes, à proximité de la frontière turco irakienne. Le poste d’Aktütün avait déjà été l’objet d’attaques, notamment en 1992, avant celle du 3 Octobre dernier. Après celle de 1992, le poste de Bayraktepe avait été construit pour protéger celui d’Aktütün.

- Quels manquements ont entrainé la mort des 17 soldats ?

En l’état actuel de nos connaissances, il semble que l’avant poste de Bayraktepe était trop vulnérable. Il y a aussi eu des problèmes dans la chaîne de commandement.

Le poste d’Aktütûn rend compte à celui de Semdinli, lui-même sous la juridiction du gouverneur de la province d’Hakkari. Le gouverneur rend un rapport au Ministre de l’Intérieur et le Ministre de l’Intérieur au Premier Ministre. C’est une longue chaîne de commandement. Dans une région comme celle où est situé Aktütün, elle devrait être simplifiée et le poste devrait être sous la juridiction du commandant militaire le plus proche.

- Est-ce que cela signifie un retour de la région sous la controversée situation d’état d’urgence (OHAL) ?

Non, il ne s’agit pas de cela. Mais les avant-postes du Sud est ne peuvent pas être traités exactement comme ceux situés en zone urbaine. Nous ne parlons là que d’une chaîne de commandement qui doit être simplifiée. Le gouverneur de la province et le commandant militaire doivent trouver ensemble les moyens pour lutter contre le PKK. Une chaîne de commandement simple permettrait d’intervenir immédiatement en cas d’attaque comme celle dont le poste d’Aktütün a fait l’objet. Cela ne doit pas porter atteinte aux libertés.

- Que vous est-il venu à l’esprit lorsque le poste d’Aktütün a été attaqué par le PKK ?

Il y a des périodes propices à une recrudescence des attaques du PKK. Ainsi leur nombre augmente entre Août et Novembre parce que c’est alors qu’ont lieu les mutations des commandants et qu’il existe alors des possibilités d’affaiblissement du contrôle pendant quelques courtes périodes. Les terroristes n’ont pas de métier, mais ils observent tous vos mouvements.

- Est-ce que les militaires ne surveillaient pas le PKK ? C’est ce qu’ils ont pour le moins laissé entendre.

Il y a eu apparemment des manquements. Nous avons évoqué des manquements dans la transmission de renseignements, dans l’envoi de renforts, et une chaîne de commandement lourde. Il doit y en avoir d’autres. Est-ce que le gouverneur a demandé l’envoi de renforts ? L’a-t-il fait trop tard ? Cela va probablement être expliqué publiquement. Qu’a fait le commandant militaire ? A-t-il jugé que l’unité dont il disposait suffisait ? Nous n’avons pas la réponse à tout cela. Autant que l’on sache, les Etats-Unis communiquent à la Turquie les informations qu’ils ont sur les activités du PKK côté irakien. Cela aurait du permettre l’action des forces aériennes turques.

Le gouvernement devrait évoquer ce problème devant le Parlement. Les autorités turques devraient faire preuve de transparence sur la question et informer le public des accords conclus avec les Etats-Unis. Tout ceci doit être transparent.

- Les militaires turcs n’ont jamais été l’objet de critiques, comme celles qui se font entendre en Turquie actuellement. Qu’en pensez vous ?

Aucun autre pays n’a combattu le terrorisme pendant voilà près de trente ans ni perdu autant d’hommes dans un combat de ce type. Le public souhaite en finir aussi vite que possible. Il souhaite savoir pourquoi ce problème perdure. Les Etats-Unis nous posent-ils des problèmes ? Il y a-t-il des problèmes au sein de l’armée, de nos services de renseignements ou autre ? L’opinion publique a soif de réponses. Elle dit que le roi est nu. Le public doit être informé.

- Que pensez vous du discours du général Basbug à la télévision et des reproches cinglants qu’il a lancés aux médias ?

Il est le chef d’état major. Il s’est exprimé parce que le Premier Ministre est resté silencieux après l’attaque d’Aktütün et les allégations sur les manquements de la réponse militaire qu’elle avait suscitées. Il fallait qu’il motive l’armée par ce discours.

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Sources

FIN de l’entretien.

Source : Today’s Zaman, le 20 Octobre 2008

Traduction pour Turquie Européenne, Anne Guezengar

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