Innovons, innovons ! Face à l’offensive d’un sérieux tsnunamiesque lancée sur tous les fronts de la politique européenne depuis Ankara jusqu’à Paris, TE décide de faire la grève du grave, ne serait-ce que pour la durée d’un seul article. Avertissement cependant : toute ressemblance avec une situation réelle ne saurait relever d’autre chose que de la plus fortuite et heureuse coïncidence…
Starring : Erdogan, Unakitan
Guest stars : Elisabeth II, Kemal Dervis

Le premier ministre accomplit une visite d’Etat en Angleterre dans l’optique de conforter quelques appuis internationaux.
Invité par la Reine à prendre un thé, il lui pose la question de sa philosophie du gouvernement. Et la Reine de répondre : - m’entourer de personnes intelligentes.
Erdogan demande donc à la Reine sa façon de déterminer l’intelligence des personnes appelées à l’entourer. - Je les trie en leur posant des questions. Mais si vous me permettez, je vais vous montrer.
Aussitôt décide-t-elle d’appeler Tony Blair : - Monsieur le premier ministre, je vous prierais de bien vouloir répondre à la question suivante : votre mère a un enfant. Votre père aussi. Mais il ne s’agit ni de votre sœur ni de votre frère. De qui s’agit-il donc ?
C’est moi, votre majesté, répond immédiatement Tony Blair.
C’est juste. Je vous remercie et vous souhaite bon courage, conclut la reine avant de se retourner vers Erdogan. Vous avez vu cher Monsieur Erdogan.
Oui, votre majesté, je vous remercie infiniment. Je ne manquerai pas d’appliquer cette méthode, ajoute le premier ministre avant de prendre congé.
A peine rentré en Turquie, il demande à son ministre du budget Unakitan de le rejoindre.
Mon cher Kemal, je voudrais juste que tu répondes à une question que je vais te poser.
Bien sûr, Monsieur, je vous en prie.
Bien alors voilà. Ta mère a un enfant. Ton père aussi. Mais ce n’est ni ton frère ni ta sœur. De qui s’agit-il ?
Unakitan regarde à droite puis à gauche, se gratte le front, se lève, fait quelques pas.
Si je réfléchissais un peu à la question pour vous donner une réponse dans quelques temps, ne serait-ce pas mieux ?
Erdogan accepte et Unakitan se retire. Sans perdre de temps, celui-ci convoque le conseil des ministres dans sa totalité. Ils se mettent tous à réfléchir à ce problème pendant des heures. Mais aucune réponse.
Au bout du bout, épuisé, Unakitan se décide à appeler Kemal Dervis, le patron turc du PNUD et ancien ministre de l’économie. Il lui expose la situation et lui pose la question :
Votre mère a un enfant. Votre père aussi. Mais ce n’est ni votre frère ni votre sœur. De qui s’agit-il ?
Qu’y a-t-il de compliqué dans cette question ? C’est moi bien sûr, répond aussitôt Dervis.
La réponse à peine obtenue, Unakitan se jette sur le téléphone pour appeler Erdogan : « j’ai trouvé la réponse, Monsieur le premier ministre. Je sais de qui il s’agit : il s’agit de Kemal Dervis ! »
Et Erdogan, abattu par cette déception, répond alors : « ce n’est pas la bonne réponse, mon cher Kemal. Il aurait fallu dire Tony Blair. »