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Faux vrai poisson d’avril de la magistrature turque

Turquie : feu vert à la procédure d’interdiction de l’AKP

mardi 1er avril 2008, par Le Monde

La Cour constitutionnelle turque a jugé recevable sur la forme, lundi 31 mars, une demande d’interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, accusé d’activités allant à l’encontre de la laïcité, a déclaré le vice-président de la Cour.

La décision a été prise à l’unanimité des onze juges. Cette décision lance formellement le procès à l’encontre de ce parti, dont le verdict sera rendu dans plusieurs mois.

La plus haute instance judiciaire du pays a été saisie le 14 mars par le procureur en chef de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, qui estime que l’AKP, à la tête du pays depuis novembre 2002, menace les fondements laïques de la République turque. Dans son réquisitoire de 162 pages, le magistrat juge que « le parti en question aspire, à terme, à un système fondé sur la charia [droit islamique], plutôt qu’à un Etat de droit ». Quelques semaines après l’adoption d’une réforme constitutionnelle autorisant le port du voile à l’université, le gouvernement est soupçonné par le procureur de vouloir s’attaquer aux fondements de la République et de dissimuler son dessein derrière un « islamisme modéré ».
M. Yalçinkaya réclame également cinq années d’interdiction d’exercice de toute activité politique à l’encontre de soixante et onze responsables de l’AKP, dont le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et le chef de l’Etat, Abdullah Gül.

L’AKP se défend

Le parti réfute ces accusations et affirme que la plainte répond à des motivations politiques. L’initiative de M. Yalçinkaya a alimenté les tensions entre les défenseurs les plus intransigeants de la laïcité et les partisans du gouvernement, favorables à davantage de libertés religieuses. La Cour constitutionnelle est le dernier théâtre d’affrontement en date entre l’AKP, issu de l’islam politique, et les élites laïques de Turquie.

L’AKP affirme cependant avoir rompu avec l’islam politique et se définit comme un parti « démocrate conservateur ». Les milieux pro-laïcité, très influents au sein de l’armée, de la magistrature et de certaines administrations, l’accusent néanmoins de vouloir islamiser le pays en catimini. Les détracteurs du procureur de la Cour de cassation l’accusent en revanche de bafouer la démocratie dans le but de bloquer l’AKP, largement réélu à 46,6 % des voix en juillet 2007, lors des dernières élections législatives.

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Sources

Source : Le Monde.fr

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