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TURQUIE - Comment calmer la colère des Kurdes ?

mardi 18 avril 2006

© Courrier international

« Le gouvernement turc est vivement critiqué par les dirigeants kurdes et par l’opposition pour sa mauvaise gestion des affrontements qui ont opposé des émeutiers kurdes aux forces de l’ordre », rapporte le Turkish Daily News.

Les premiers heurts ont eu lieu mardi 28 mars, à la suite des obsèques de quatorze membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit), tués par les forces de sécurité lors d’une opération militaire. Depuis, le sud-est de la Turquie, région à majorité kurde, est secoué par des émeutes, et douze personnes, dont trois enfants, ont trouvé la mort dans de violents incidents survenus à Diyarbakir, principale ville du Sud-Est anatolien. Dimanche 2 avril au soir, les violences se sont étendues à Istanbul, première métropole du pays, où trois personnes ont été tuées dans l’incendie d’un autobus après une attaque au cocktail Molotov.

Pour Aysel Tuğluk, le coprésident du Parti pour une société démocratique (DTP, parti prokurde), « la responsabilité des émeutes et des morts incombe au Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et à son Parti de la justice et du développement (AKP), qui est au pouvoir ». Osman Baydemir, le maire de Diyarbakir, ville essentiellement peuplée de Kurdes, a de son côté exprimé le souhait que « de telles violences ne se répètent plus dans cette région ». Le gouvernement a également essuyé les critiques du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), qui a estimé que « le gouvernement a perdu le contrôle de la situation à Diyarbakir et a laissé le PKK investir la rue ».

Le Turkish Daily News semble cautionner l’idée que « le PKK a tenté de refaire surface après avoir accepté de déposer les armes entre 1999 et 2004. Les réformes introduites par Ankara pour renforcer les libertés auraient encouragé les membres du PKK à reprendre leurs activités terroristes. Ainsi, certains estiment que le gouvernement doit revenir à l’ancienne stratégie et tenir cette région d’une main de fer. » Mais le journal est loin de partager cette analyse : « Pour la Turquie d’aujourd’hui, le retour à l’usage de la force est une solution politique non viable. »

Le quotidien turc anglophone préconise plutôt « un effort d’investissement pour améliorer les infrastructures et développer cette région où le taux de chômage avoisine 50 %. C’est la condition préalable pour encourager les investisseurs privés. Avec le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, il est étonnant que ces régions pauvres soient ainsi laissées à l’abandon. »

Mais, prévient le Turkish Daily News, « ceux qui tournent les yeux vers le sud, c’est-à-dire vers le Kurdistan irakien, en pensant que ce modèle d’autonomie régionale est à suivre, ceux-là devraient être remis à leur place ».

© Courrier International, le 05/04/2006


Pour aller plus loin :

- Le retour de la question kurde : opportunité démocratique ?

- Nouvelle étape dans la question kurde

- La question kurde à un tournant (1)

- La question kurde à un tournant (2)

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