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Ahmet Insel
jeudi 18 mars 2010 - 18/03/2010
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Expliquant ce qu’il convenait de faire en réponse à une résolution de reconnaissance du génocide arménien votée par la Commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants aux Etats-Unis, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoğlu, a déclaré la chose suivante : “ Si cela s’avère nécessaire nous prendrons contact avec les partis d’opposition à l’assemblée nationale de Turquie. Ceci constite pour nous une question de dignité nationale.” Et puis le Premier ministre Erdogan de rajouter : “Sur ce genre de sujets, la Turquie est sensible. On ne joue pas avec la dignité.”
Alors puisque telle semble être la question, voyons donc un peu sur quoi s’appuient ces histoires de dignité nationale et de sensibilité.
La dignité exprime le respect qu’un homme éprouve envers lui-même. Il se fonde sur des actes perçus comme honorifiques ou vecteurs de fierté. C’est en même temps une valeur personnelle sous-tendue par le respect que les autres sont en mesure de manifester à la personne concernée. C’est la raison pour laquelle de nos jours on en fait, bien maladroitement selon moi, un équivalent de la crédibilité.
La crédibilité est une qualité qui ne se tient que dans les rapports avec l’extérieur, l’autre. On peut très bien parvenir à un statut tout à fait crédible en menant des affaires déshonorantes. Vous pouvez très bien, par exemple, devenir professeur, docteur ou même président du Haut Conseil de l’Enseignement supérieur en ayant réalisé de somptueux plagiats. On peut tout à fait continuer à vous tresser des (...)
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Ahmet Insel
mercredi 10 mars 2010 - 10/03/2010
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Se poser la question du timing de l’AKP et de ses supporters dans la problématique du passage d’un régime de tutelle militaire à un régime authentiquement démocratique est une responsabilité à relever sans plus attendre. C’est le droit et le devoir de tout socialiste, de tout démocrate, de toute personne ayant pour horizon une Turquie soucieuse de liberté et de justice.
" Hé ! Trouve-toi un autre jouet que le peuple maintenant !..."
Tout le monde en a certainement conscience mais il n’est pas inutile de le répéter : désormais le régime de tutelle de l’armée n’est plus, de facto, en vigueur en Turquie. Des généraux et des officiers en retraite ou d’active sont placés en garde à vue, d’anciens chefs de corps d’armée interrogés et jugés, des plans honteux étalés en place publique, des bâtiments de l’armée soumis à des perquisitions… Après tous ces développements, l’instruction récemment lancée dans le cadre de l’affaire du plan d’action dit Balyoz a porté un coup fatal au régime de tutelle militaire. Le fait que quinze généraux de corps aient laissé toute la nuit allumées les lumières de l’Etat-major général en guise de protestation constitue la dernière preuve de la fin de cette époque.
Cette enquête, à la différence des procès de l’affaire Ergenekon, est liée à des activités menées par des officiers supérieurs dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions et comme partie intégrante de leurs missions. C’est sur ce point assez différent d’activités menées par des officiers en retraite et visant à créer les conditions (...)
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Baskın Oran
mercredi 3 mars 2010 - 03/03/2010
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Tout d’abord, un souvenir datant de 1975 : en 1974, pour la première fois en Turquie, on eut la possibilité de faire quatre mois comme officier de réserve. C’était une opportunité inouïe et inattendue à cette époque ; j’ai donc renoncé à mon séjour d’un an à Genève en tant que chercheur post-doctoral et je suis revenu à mi-terme pour intégrer mon régiment de Kirkagaç.
Quelques semaines plus tard, une nouvelle parcourut les compagnies d’officiers de réserve : "Ils ont pendu au plafond et torturé un soldat au motif qu’il avait volé quelque chose.” Ceux qui étaient allés voir le garçon vomissaient leurs tripes dans les toilettes. Un sous-officier courtaud, tout juste émoulu de l’école avait, racontait-on, pendu le garçon au plafond par un pied, l’avait roué de coups, s’était servi de lui pour éteindre ses cigarettes. Je ne me souviens que de ça : nous nous sommes rendus auprès du colonel en charge du régiment, il nous a chassés, au final il ne s’est rien passé, on a refermé l’affaire. Nous avons terminé nos quatre mois, nous avons été libérés.
A la Turquie qui ne savait pas nager, on voulut apprendre la nage en la jetant dans l’océan du capitalisme international par les décisions du 24 janvier 1980. Commencèrent alors les résistances ouvrières et des amis m’appelèrent : “tu sais notre colonel, c’est le colonel qui dirigeait les forces de gendarmerie qui ont écrasé la grève de TARIS.” (Une confédération de petits et moyens producteurs agricoles)
Sanction à qui frappe un appelé
En ce moment en Turquie des généraux d’active ou (...)
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Marillac
vendredi 26 février 2010 - 26/02/2010
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Février 2010, l’Ours d’or est allé à Miel. Rien de surprenant me direz-vous, c’est dans l’ordre des choses. Non, le plus surprenant c’est que les médias aient fini par évoquer cette attirance plutôt commune du plantigrade pour la non moins commune sécrétion des abeilles alors que l’Ours d’argent allait à… Roman Polanski.
Soyons clairs le grand vainqueur de la Berlinale 2010 est Semih Kaplanoglu avec son film Bal, Miel en français. Bravo à lui. Mais n’omettons pas de céder à la vague de miséricorde, d’affliction et de passion très people qui ne nous quitte plus dès lors qu’il est question du démiurge Polanski. Il fallait bien un prix pour que la profession fasse la démonstration de son éternelle reconnaissance à grand renfort de bruit et de paillettes, de discours, de thèses. Il faut en effet parler beaucoup, s’engager et professer à tout-va dans le cinéma d’aujourd’hui pour se faire entendre, pour exister sans doute. Il faut de la couleur, des infrabasses, de la musique et des hélicoptères traversant l’espace sonore de la salle pour faire encore vibrer le public. Sinon, jouez sur le pathos, le people ou les films à thème qui vous donnent l’impression de militer pour une cause moyennant le prix d’une simple place. Bravo donc à la presse continentale et globale de n’avoir parlé que de Polanski. Ca fait très Closer. Question cinéma, repassez, repassons, repasse.
Pas question ici de vous la rejouer sur le mode « on ne parle pas des Turcs, c’est une honte, tout le monde s’en fout !!! » Non non, là n’est pas la (...)
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Paul Dubois
dimanche 31 janvier 2010 - 31/01/2010
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Nicolas Sarkozy vient de prononcer ce 27 janvier 2010 un discours (1) au carré musulman du Cimetière militaire national Notre-Dame de Lorette, profané fin 2009. Discours de circonstance ou pas, celui-ci révèle en tout cas bien des indications sur les convictions de son auteur.
La présence de Nicolas Sarkozy à cet endroit, et les accroches de son discours, sont motivées par deux récents faits dramatiques. D’abord la profanation abjecte du carré musulman, évoquée précédemment. Ensuite, la mort en Afghanistan d’un soldat français, de confession musulmane, le 13 janvier dernier.
Partant de ces deux faits, le premier faisant l’objet d’une dénonciation vigoureuse, fort à propos, le discours utilise ensuite comme fil conducteur les sacrifices des français musulmans au cours de l’histoire, essentiellement pendant les grands conflits : première et deuxième guerres mondiales, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie.
L’hommage appuyé, vibrant, aurait toutefois gagné en profondeur et en honnêteté s’il avait rappelé que les réticences à l’enrôlement ont parfois été réprimées dans le sang, ou que ces anciens combattants ont pâti d’une différence de traitement honteuse, ostracisme qui perdure encore aujourd’hui, en dépit de quelques avancées récentes.
Il souligne surtout, en creux, combien le climat en France est devenu délétère vis à vis d’une partie de sa population. Certes, Nicolas Sarkozy n’est pas à lui seul à l’origine de ce racisme de basse intensité si profondément enraciné dans la population française, et il est inutile de (...)
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Sebahat Erol
vendredi 15 janvier 2010 - 15/01/2010
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L’air soucieuse, Sirma ORAN-MARTZ s’apprête à entendre, à la barre, la décision du Président. En ce jour du 5 janvier, alors que c’est elle la victime et que c’est elle qui a intenté ce procès pour discrimination, voilà que le tribunal retourne la situation contre elle…
En effet, le Tribunal correctionnel de Lyon a condamné Sirma Oran-Martz pour procédure abusive, et ce principalement au motif d’avoir participé à une manifestation. Une manifestation dont Jean-Paul Bret lui-même a reconnu s’être servi a posteriori pour se dédouanner de son acte.
Excusez-moi, Monsieur le Président, mais je n’ai pas très bien compris : sur quoi porte le verdict ? Le fait que M. Bret soit considéré comme un défenseur des droits de l’homme le disculpe-t-il d’emblée ? Est-il inconcevable qu’il soit accusé de discrimination ? C’est apparemment ce qu’a pourtant décidé le tribunal avec cette condamnation de Mme Oran pour « procédure abusive ».
Plus qu’au procès de Mme Sirma Oran contre M. Jean-Paul Bret, c’est à celui des Français d’origine turque qu’on a eu l’impression d’assister ici. Les juges ont approuvé sans sourciller que M. Bret se soit méfié de Sirma car elle appartenait à des associations culturelles franco-turques. Et ils ont entendu sans sourciller que les associations franco-turques soient traitées de « bras armé de l’Etat turc en France » et les Français d’origine turque eux-mêmes d’ennemis (le juge disant qu’ils mènent des « attaques adverses ») « pervers et sophistiqués ». Il leur a donc paru légitime que la seule candidate (...)
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Reynald Beaufort
lundi 23 novembre 2009 - 23/11/2009
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En Turquie ou au sein de la diaspora turque, le sujet provoque de vifs débats, pour ne pas dire de violentes polémiques, les uns accusant réciproquement les autres de complot.
Pour les nationalistes et les tenants de l’orthodoxie kémaliste, Ergenekon est une invention, ou peu s’en faut, du parti au pouvoir, l’AKP, pour assurer son hégémonie... Les proches de l’AKP y voient trop souvent uniquement la tentative pour les élites kémalistes et les militaires de reprendre la main et, à terme, une tentative de chasser du pouvoir un parti qui se réclame de la religion.
Tout d’abord, il faut rappeler que cette incroyable organisation n’est pas née d’hier, mais date du début de la Guerre Froide, par conséquent il ne peut s’agir d’une construction ayant pour origine l’AKP, ni même les partis qui sont considérés comme ses prédécesseurs. Ses sources sont à rechercher dans les émanations des services secrets de l’OTAN et donc derrière cette organisation, les États Unis. Par la suite cette organisation fût réorientée et mise au service de ce qu’en Turquie on appelle "Derin Devlet" (l’ "Etat Profond").
Tout comme en Italie durant les « Années de Plomb », Gladio avait pour objectif en semant le désordre, d’installer un pouvoir autoritaire et policier empêchant à jamais le pays de basculer dans le camp des pays communistes, Ergenekon avait aussi pour objectif initial de rendre la Turquie ingouvernable. Il était alors aisé de justifier la mise sous tutelle du pays par l’armée afin que la Turquie non plus, ne tombe jamais aux mains des soviets. Par la suite, il s’avère que cette organisation secrète a été reconduite pour simplement pérenniser la main-mise des militaires sur les affaires de l’état.
Faux (...)
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Reynald Beaufort
lundi 16 novembre 2009 - 16/11/2009
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Billet de (très mauvaise) humeur
Lundi 9 novembre 2009, le monde fête la chute d’un mur tombé il y a 20 ans, notre président y était, d’ailleurs, sans doute prévenu par l’excellent Paco Rabanne !
La même semaine, le même Sarkozy lance un débat sur l’identité nationale dans les préfectures qui organisent les expulsions d’étrangers sans papiers... Juste histoire de donner le ton.
Il s’agit de constituer une liste des caractéristiques communes aux Français, car, bien sûr, il existe entre eux, un ensemble de traits communs immuables "depuis la Guerre de Cent Ans" (sic).
Alors voyons commençons par l’essentiel : le Français, le vrai, aime le pinard, le camembert la cochonnaille (les autres, sans doute faudra-t-il qu’ils s’y mettent ?). Ensuite, c’est bien connu, le Français est universaliste, il exporte les Droits de l’Homme et la Liberté ; nos colonies nous en remercient chaleureusement et les Birmans ne s’en remettent toujours pas !
A l’heure où la Turquie se débat pour se défaire d’un nationalisme qui la freine dans son processus d’adhésion, le président de la République française ranime la flamme de la "Franchouillerie". Car chercher ce qu’est un Français, c’est surtout déterminer celui qui ne l’est pas, celui qui n’est pas digne de l’être. C’est bâtir un nouveau mur entre nous et les Autres.
Nous bâtissons l’Europe, nos enfants suivent les programmes Socrates, Erasmus, Comenius, Leonardo, ils sont européens, ils dialoguent avec le monde entier. Mais il est urgent pour nos dirigeants de leur rappeler ce qui les fait différer de ces Étrangers qui (...)
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Sebahat Erol
samedi 7 novembre 2009 - 07/11/2009
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Vous avez un patronyme turc ? Vous appartenez à une association turque ? Alors, vous êtes potentiellement un dangereux extrémiste à la solde de l’Etat turc négationniste !
C’est ce qu’on pouvait apprendre au procès qui opposait mardi 3 novembre Mme Sirma Oran-Martz, jeune Française d’origine turque, à M. Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne. Ce dernier avait été assigné en justice par Mme Oran-Martz pour discrimination lors des dernières municipales : candidate des Verts, après union des Verts avec les socialistes au second tour, elle s’était vue, à cause de ses origines turques, contrainte par la tête de liste PS, M. Jean-Paul Bret, de reconnaître publiquement le génocide arménien si elle voulait rester sur la liste…
Demande légitime ? Oui, estime M. Bret, qui, rappelons-le, est à l’origine de la loi de reconnaissance par la France du génocide arménien. Mais demande qui s’adresse, bien entendu, à l’unique candidate ayant des origines turques… Pour se justifier, M. Bret ajoute que s’il avait eu sur sa liste un candidat ayant appartenu au Front National, il lui aurait également demandé des comptes ! Merci M. Bret d’assimiler tout Turc à l’extrême droite !
Mme Oran-Martz ne s’attendait certainement pas à ce que cette question d’Histoire concernant des événements survenus en Turquie au début du 20ème siècle s’invite dans des élections locales. C’était ignorer le poids des extrémistes de la diaspora arménienne à Villeurbanne et son influence sur la vie municipale.
Sirma Oran… M. Bret cherche ce nom sur Google. (...)
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lundi 12 octobre 2009 - 12/10/2009
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Enfin et bonne route !
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| En bref |
16 janvier 2010
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La Turquie envoie de l’aide à Haïti
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La Turquie a débloqué 695.000 euros et dépêché des secouristes et des vivres pour les sinistrés du séisme en Haïti, a indiqué samedi le ministère des Affaires étrangères. Trois avions militaires ont décollé samedi pour Haïti et un quatrième devait suivre dimanche, transportant 40 tonnes de vivres et équipements, ainsi qu’un hôpital de campagne,. Une équipe de 10 secouristes et une vingtaine de membres du personnel médical devaient se joindre aux opérations de secours, selon le ministère qui souligne que neuf secouristes turcs sont déjà sur place.
25 novembre 2009
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Le Courrier de la Turquie N°10 - Octobre 2009
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est disponible sur Turquie Européenne. Les anciens numéros sont également consultables dans la rubrique "la TÜSIAD communique".
Voir
10 octobre 2009
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Le Courrier de la Turquie N°9 - Septembre 2009
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est disponible sur Turquie Européenne. Les anciens numéros sont également consultables dans la rubrique "la TÜSIAD communique".
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| www.infomaniak.ch |
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