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Géostratégie et géopolitique

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Bertrand Badie
samedi 28 novembre 2009 - 28/11/2009
 
Henry Henry : Que signifie "reconfiguré" alors que les problèmes restent les mêmes : risque de conflits, question palestinienne, Etats corrompus, sociétés verrouillées, économies fragiles. Bertrand Badie : Certes, les enjeux restent les mêmes, les impasses sont toujours aussi évidentes, et peut-être même les données essentielles du conflit sont-elles semblables à ce que nous avons connu pendant de trop nombreuses années. Pour autant, rien n’est absolument figé. Les acteurs, très nombreux, ont changé, pour certains de manière significative, et peut-être que le pari du statu quo, qui est essentiellement celui de l’Etat d’Israël, est mis à mal par les transformations qui affectent le jeu de la Turquie, dont on ne saurait négliger les formidables évolutions, mais aussi par le repositionnement, hésitant, léger mais significatif, de la politique des Etats-Unis depuis l’élection de Barack Obama. Le pari du statu quo est beaucoup plus difficile qu’on ne pourrait le croire : mettre tous ses espoirs diplomatiques et politiques dans le gel d’une situation constitue une option difficilement tenable, comme le montre l’histoire, et étroitement dépendante d’une complicité objective des acteurs du champ de bataille comme des puissances, grandes ou moyennes, qui pèsent sur le dossier du Proche-Orient. Au moment où l’Europe fait preuve d’apathie, la Turquie se construit comme puissance régionale, ce qui modifie profondément la donne moyen-orientale. La Syrie, jusqu’il y a encore très peu de temps mise au ban de la (...)
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Bernard Dreano
jeudi 15 octobre 2009 - 15/10/2009
 
Guerres et paix au Caucase Comprendre le Caucase. Tel est l’objet de cet ouvrage, véritable manuel pluridisciplinaire. L’auteur, grâce à une connaissance forgée par de nombreuses années d’expérience sur le terrain, propose aux lecteurs français, pour qui cette région est encore mal connue, de multiples clés pour se familiariser avec les enjeux du Caucase et de ses environnements européens et asiatiques : enjeux nationaux, historiques, géopolitiques, énergétiques. À partir de la crise récente en Ossétie du Sud, ce livre retrace l’histoire des peuples de la région, leurs relations complexes avec la Russie, leur implication dans les « grands jeux » auxquels s’adonnent les empires. Cheminant sans cesse entre enjeux locaux et globaux, l’auteur garde toujours en perspective le droit des peuples de la région à disposer d’eux-mêmes, réaffirmant avec force notre devoir de solidarité envers des hommes et des femmes géographiquement éloignés, mais dont nous sommes pourtant si proches... Bernard Dreano, militant associatif, est co-président de hCa international. Prix : 15 € - Editions NON LIEU - ISBN : 978-2-35270-058-6 Guerres et paix au Caucase Couverture (Cliquez pour (...)
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Bernard Dreano
lundi 12 octobre 2009 - 12/10/2009
 
Extraits de GUERRES ET PAIX DANS LE CAUCASE, Empires, peuples et nations, éditions Non lieu, Paris 2009)
La Turquie est déjà un acteur majeur dans le Sud-Caucase. C’est manifeste sur le plan économique en Azerbaïdjan, en Géorgie, où la Turquie est le premier investisseur, et les échanges avec l’Arménie sont importants malgré la fermeture (jusqu’à quand ?) de la frontière, sans parler des nouveaux travailleurs immigrés arméniens en Turquie, qui sont déjà plus nombreux (peut-être 60 000) que la communauté arménienne turque (50 000). La Turquie constitue aujourd’hui un pôle économique et culturel très significatif pour toute la région, et dispose de capacités de médiatrice potentielle dans les conflits en cours. Bien sûr l’opinion publique turque est favorable aux « frères azerbaïdjanais » et les courants les plus nationalistes sont ouvertement hostiles à l’« ennemi arménien », bien sûr la diaspora abkhaze, présente en Turquie, est solidaire de l’Abkhazie. Mais le président Gül et le Premier ministre Erdogan et le gouvernement « islamo-démocrate » restent prudents, fidèles à leur ligne d’équilibre. Ils n’ont pas suivi Bush et Saakachvili dans une confrontation avec les Russes. Les Turcs, comme les Français et les Allemands, se sont opposés à une intégration rapide et provocatrice de la Géorgie à l’OTAN, mais pas question non plus de contribuer à la déstabilisation de la région et de laisser tomber la Géorgie, de reconnaître l’indépendance de l’Ossétie et de l’Abkhazie. La Turquie n’est pas restée immobile en cette année 2008. Les discrètes négociations du printemps avec les Arméniens ont abouti à la présence historique du (...)
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Jean Marcou
mardi 9 juin 2009 - 09/06/2009
 
Le Président Gül a effectué une visite officielle en Syrie, entre le 15 et le 17 mai 2009. Alors même que le récent remaniement ministériel a vu la nomination d’Ahmet Davutoğlu au poste de ministre des affaires étrangères, ce voyage est très symbolique de la nouvelle diplomatie turque initiée par l’ancien conseiller du premier ministre et du président. En premier lieu, ce séjour relativement long du chef de l’Etat turc chez un voisin arabe avec lequel Ankara a eu pendant longtemps des relations difficiles, illustre les efforts faits par la Turquie pour établir avec ses voisins des relations de coopération et de stabilité. S’adressant notamment aux étudiants de l’Université d’Alep, dans un discours se voulant emblématique, le président turc a affirmé que son pays « a l’intention de pacifier les problèmes avec ses voisins et de développer des relations basées sur la confiance réciproque ». Le fait qu’Ankara y soit parvenu avec Damas est effectivement encourageant. La Syrie, en effet, a constitué la principale base arrière du PKK jusqu’à 1998, et a longtemps condamné les aménagements hydroélectriques turcs dans le sud-est sur le Tigre et l’Euphrate, tout en maintenant ses prétentions territoriales sur le sandjak d’Alexandrette, cédé par les Français à la République kémaliste, à la veille de la Seconde guerre mondiale. Toutefois, pour la Turquie, dans le domaine de la pacification des rapports de voisinage, le plus dur reste à faire avec la normalisation des relations avec l’Arménie. En dépit des progrès spectaculaires (...)
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Jean Marcou
lundi 18 mai 2009 - 18/05/2009
 
Un important remaniement gouvernemental a eu lieu en Turquie au cours du week-end du premier mai. Cette recomposition était attendue, car elle avait été annoncée par le premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan, en personne, au soir du 29 mars dernier, à l’issue d’élections municipales dont les résultats n’avaient pas été à la hauteur des espérances de l’AKP. Au total, huit ministres ont été remplacés. Pour certains, comme Kemal Unakıtan, qui a du céder le portefeuille des finances à Mehmet Şimşek, il s’agit à l’évidence d’une sanction en relation avec la contreperformance de l’AKP aux élections municipales que nous évoquions précédemment. Pour d’autres, comme Mehmet Ali Şahin, c’est plutôt le préalable à un appel à de nouvelles fonctions. Le très actif ex-ministre de la justice pourrait devenir, en effet, président de la Grande Assemblée Nationale, car le mandat de Köksal Toptan vient à échéance au cours de l’été prochain et son parti ne semble pas souhaiter voir ce dernier reconduit à son poste. Le nouveau gouvernement s’est en outre timidement féminisé, puisque la nouvelle équipe compte une femme supplémentaire. Nimet Çubukçu, l’unique femme du précédent gouvernement a pris en main le ministère de l’enseignement laissant sa place, au ministère de la famille, à Selma Aliye Kavaf. Mais c’est surtout la nomination d’Ahmet Davutoğlu (photo) aux affaires étrangères, qui a fait la une de l’actualité. L’événement était certes attendu, lui aussi, mais il vient consacrer le nouveau positionnement international qui est celui de la Turquie. (...)
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William Engdahl
lundi 4 mai 2009 - 04/05/2009
 
The recent visit of United States President Barack Obama to Turkey was far more significant than the president’s speech would suggest. For Washington, Turkey today has become a geopolitical “pivot state” that is in a position to tilt the Eurasian power equation towards Washington or significantly away from it, depending on how Turkey develops its ties with Moscow and its role regarding key energy pipelines. If Ankara decides to collaborate more closely with Russia, Georgia’s position is precarious and Azerbaijan’s natural gas pipeline route to Europe, the so-called Nabucco Pipeline, is blocked. If it cooperates with the United States and manages to reach a stable treaty with Armenia under US auspices, the Russian position in the Caucasus is weakened and an alternative route for natural gas to Europe opens up, decreasing Russian leverage against Europe. For Washington, the key to bringing Germany into closer cooperation with the US is to weaken German dependence on Russian energy flows. Twice in the past three winters, Washington has covertly incited its hand-picked president in Ukraine, Viktor Yushchenko, to arrange an arbitrary cut off of Russian gas flows to Germany and other European Union (EU) destinations. The only purpose of the actions was to convince EU governments that Russia was not a reliable energy partner. Now, with the Obama visit to Ankara, Washington is attempting to win Turkish support for its alternative and troubled Nabucco gas pipeline through Turkey (...)
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Laure Gadrat
mardi 28 avril 2009 - 28/04/2009
 
Rencontrant les dirigeants européens à Prague, le 6 avril 2009, à l’occasion de la tournée européenne qu’il a récemment effectuée, Barack Obama s’est pour la première fois officiellement exprimé sur la candidature turque à l’Union Européenne (UE). Lors d’une rencontre avec le président tchèque, Vaclav Klaus, qui exerce actuellement la présidence tournante de l’UE, il a redit le soutien des Etats-Unis à l’intégration européenne de la Turquie, en se démarquant du refus français et du scepticisme allemand. Cette position a été essentiellement justifiée en faisant valoir les avantages qu’il y aurait pour l’Europe à intégrer un pays de tradition religieuse différente, pour l’arrimer solidement à l’Ouest et tirer partie de sa position stratégique exceptionnelle. Ces propos n’ont été qu’un avant goût de ceux que le président américain a tenu, lors de sa visite officielle en Turquie, les 6 et 7 avril 2009, un déplacement soigneusement préparé, trois mois auparavant, par la venue d’Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, à Ankara. Devant la Grande Assemblée Nationale de Turquie, Barack Obama a plaidé sans détour en faveur de l’adhésion de la Turquie à l’UE, en déclarant sous les applaudissements des députés : « Laissez-moi être clair, les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l’UE. » L’approche très stratégique du soutien à la candidature turque à l’UE, développée par le président américain tout au long de sa visite, doit être reliée au fait que cette dernière a été aussi son premier séjour dans un (...)
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Marie-Antide
mardi 21 avril 2009 - 21/04/2009
 
Comme au théâtre, observons le déroulement de l’intrigue et le jeu des acteurs. Acte 1 : le Premier Ministre turc Erdogan menace de mettre son véto à la candidature du Premier Ministre danois Anders Fogh Rasmussen au poste de Secrétaire Général de l’Otan. Le motif invoqué est que ce dernier a défendu la publication des caricatures sur Mahomet en 2005, caricatures controversées qui avaient provoqué l’ire du monde musulman. Quelques intenses tractations diplomatiques plus tard, Recep Tayip Erdogan ne s’oppose plus à la nomination de Rasmussen, ayant obtenu la garantie du Président Obama que le futur Secrétaire Général de l’OTAN favorisera le dialogue avec le monde musulman. Acte 2 : Dimanche 5 Avril, le Président Obama se déclare en faveur de l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne lors du sommet de Prague. Position classique de la diplomatie américaine à l’égard de son allié turc : à la veille d’un sommet de l’OTAN à Istanbul en Juin 2004, Bush avait déclaré « je rappellerai au peuple turc qu’il mérite que l’Europe lui donne une date pour son entrée dans l’UE ». Acte 3 : suite à la déclaration d’Obama, le Président Sarkozy s’empresse de prendre le contrepied de son homologue américain : « j’ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste ». Une grande partie de la classe politique française dénonce l’ingérence américaine sans forcément affirmer son opposition au projet d’intégration. Position classique de la politique française : en juin 2004, Jacques Chirac avait estimé que Georges Bush avait été (...)
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Jean Marcou
mercredi 15 avril 2009 - 15/04/2009
 
La visite du président américain à Ankara et à Istanbul, les 6 et 7 avril 2009, a été largement saluée par la presse et la classe politique turques comme un succès. En tendant la main au monde musulman, en soulignant l’importance stratégique que conserve la Turquie pour les Etats-Unis et en apportant un soutien appuyé à la candidature d’Ankara à l’Union européenne, Barack Obama a ouvert une nouvelle ère dans les relations turco-américaines, particulièrement malmenées au cours des deux mandats de Georges W. Bush. Devant la Grande Assemblée Nationale de Turquie, en particulier, force est de constater qu’il a su trouver le ton juste, par des formules qui ont fait mouche : « Les Etats-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l’islam » ; ou encore : « Laissez-moi être clair, les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l’Union Européenne. » Loin d’être une digression finale, ce séjour turc doit être réinsérée dans la tournée européenne que Barack Obama a effectuée, du 1er avril au 7 avril. Car ce n’est pas un hasard si cette tournée commencée à Londres pour participer au G20, poursuivie à Strasbourg pour assister au sommet de l’OTAN et à Prague pour rencontrer les dirigeants de l’Union Européenne, s’est achevée par un séjour minutieusement préparé en Turquie. Le président américain s’est en effet indiscutablement appuyé sur son allié turc, si ce n’est pour énoncer les axes forts de sa politique étrangère, du moins pour commencer à dévoiler sa vision du monde. En réitérant à plusieurs (...)
Suite    
 
Baskın Oran
mercredi 15 avril 2009 - 15/04/2009
 
La Turquie est-elle un “partenaire stratégique” des Etats-Unis ? Voilà une question qui travaille l’opinion publique turque. Les Etats-Unis peuvent se prévaloir d’avoir à leurs côtés deux partenaires stratégiques et demi : l’Angleterre, Israël et un peu de Canada. C’est la raison pour laquelle on peut penser que sur cette question, la Turquie est du genre à se voir un peu trop belle. Mais il est encore trois concepts particulièrement éclairants quant à la question des relations USA-Turquie (cf. Le premier volume de notre livre, “La politique étrangère de la Turquie) : 1- L’Etat hégémonique 2- L’Etat stratégique de taille moyenne (ESTM) 3- L’Etat-pivot (pivotal state) La première de ces notions rend compte d’un Etat en mesure de se faire entendre de tous les autres Etats. Il s’agit bien entendu des Etats-Unis. La deuxième concerne un pays qui, si le contexte international le permet, peut envisager de se lancer dans des actions qui dépassent sa taille et qui, grâce à son emplacement géostratégique, peut se créer un espace de “relative autonomie” (je n’ai ici pas la place d’expliciter cette notion, cf. l’ouvrage cité qui sera également publie aux E-U cet été). Il peut même s’agir, sur certaines questions vitales et aux moments où le contexte international le permet, d’Etats en capacité de tenir tête à l’Etat hégémonique, toujours grâce à cette position géostratégique particulière. Le troisième terme, quant à lui, concerne un pays en mesure de peser sur la stabilité régionale voire internationale : on en use (...)
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Rencontre jeune création"Feldstärke International"Paris, 28 mars-4 avril

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16 janvier 2010
La Turquie envoie de l’aide à Haïti
La Turquie a débloqué 695.000 euros et dépêché des secouristes et des vivres pour les sinistrés du séisme en Haïti, a indiqué samedi le ministère des Affaires étrangères. Trois avions militaires ont décollé samedi pour Haïti et un quatrième devait suivre dimanche, transportant 40 tonnes de vivres et équipements, ainsi qu’un hôpital de campagne,. Une équipe de 10 secouristes et une vingtaine de membres du personnel médical devaient se joindre aux opérations de secours, selon le ministère qui souligne que neuf secouristes turcs sont déjà sur place.

25 novembre 2009
Le Courrier de la Turquie N°10 - Octobre 2009
est disponible sur Turquie Européenne. Les anciens numéros sont également consultables dans la rubrique "la TÜSIAD communique".
- Voir

10 octobre 2009
Le Courrier de la Turquie N°9 - Septembre 2009
est disponible sur Turquie Européenne. Les anciens numéros sont également consultables dans la rubrique "la TÜSIAD communique".
- Voir

 

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