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La Turquie en médiateur entre Kaboul et Islamabad

mardi 7 avril 2009, par Laure Marchand

Le président afghan Hamid Karzaï et son homologue pakistanais Asif Ali Zardari se sont rencontrés hier à Ankara pour tenter de trouver les moyens d’apaiser les tensions entre les deux pays.

À cinq jours de l’arrivée du président Barack Obama en Turquie pour une visite officielle, Ankara a donné un nouveau gage sur sa capacité à jouer un rôle de médiateur. Mercredi, un sommet tripartite a réuni dans la capitale turque les chefs d’État afghan et pakistanais, Hamid Karzaï et Asif Ali Zardari, autour du président Abdullah Gül. Kaboul et Islamabad, dont les relations se sont récemment améliorées, se sont engagés à renforcer leur coopération dans la lutte antiterroriste. Les chefs d’état-major et les dirigeants des services de renseignements des deux pays se sont également rencontrés, ce qui a constitué « la dimension la plus importante du sommet », selon Abdullah Gül. À l’issue des entretiens, les trois parties ont annoncé que leurs contacts se poursuivraient « sur plusieurs niveaux » .

Cette rencontre est la troisième du genre organisée sous le parrainage de la Turquie. En avril 2007, alors que Kaboul accusait son voisin de ne rien faire pour empêcher les infiltrations sur son territoire de groupes terroristes depuis les Zones tribales pakistanaises et que les relations entre les deux pays étaient au plus bas, Ankara était parvenu à réunir Hamid Karzaï et Pervez Musharraf. Et en décembre 2008, un deuxième sommet avait permis au Pakistan et à l’Afghanistan de se retrouver à Istanbul pour s’entretenir sur des questions de coopération en matière de sécurité.

La Turquie pourrait augmenter ses effectifs en Afghanistan

Ces efforts de l’unique pays musulman membre de l’Otan tombent donc à pic pour le président Barack Obama, qui a placé le Pakistan en première ligne dans sa nouvelle stratégie pour lutter contre les troupes d’al-Qaida. « Dans un contexte de régionalisation du problème afghan, la Turquie peut jouer un rôle remarquable, explique Sinan Ulgen, le président d’Edam, un think tank spécialisé dans les relations internationales. Entretenant une relation privilégiée avec l’Afghanistan et le Pakistan, elle leur permet de dialoguer alors qu’ils se méfient l’un de l’autre. »

Les liens historiques avec l’Afghanistan remontent aux années 1930 quand la jeune République turque avait apporté son soutien à la construction de l’État afghan. L’engagement actuel de l’armée turque en Afghanistan s’inscrit dans le cadre de cette longue tradition. Au mois d’août, la Turquie doit prendre, pour la troisième fois, le commandement de l’Isaf, la force internationale de l’Otan. Neuf cents soldats turcs, qui ne participent pas à des opérations de combat, sont actuellement engagés à Kaboul et dans sa région.

Dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal , le président Abdullah Gül a estimé que la communauté internationale devait concentrer ses efforts « sur la consolidation de l’unité nationale » afghane. Comme d’autres alliés sollicités par le président des États-Unis pour accroître leur contingent militaire, Ankara pourrait accepter d’augmenter ses effectifs. Mais leur mission se concentrerait sur l’entraînement des forces afghanes.

L’engagement d’Ankara comporte déjà un important volet civil : la police, l’administration et la justice afghanes bénéficient de programmes de formation dispensés par les Turcs. Ce qui correspond aux priorités affichées de la nouvelle administration américaine. Des gendarmes turcs pourraient également participer à la mission de la Force de gendarmerie européenne en Afghanistan.

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Sources

Source : Le Figaro,le 2-04-09

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