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La Turquie accueille lundi le sommet de l’OCI

samedi 7 novembre 2009, par Reuters

La Turquie, Etat laïque membre de l’Otan et candidat à l’UE, accueille lundi à Istanbul un sommet de l’Organisation de la conférence islamique en présence de deux invités controversés, l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Soudanais Omar Hassan al Bachir.

Le premier est engagé dans un bras de fer avec les pays occidentaux au sujet du programme nucléaire iranien, le second fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre au Darfour.

Des craintes se font jour en Occident de voir la Turquie, qui peine à intégrer l’Union européenne, s’éloigner des politiques pro-occidentales pour se rapprocher de pays tels que l’Iran et la Syrie, tout en prenant ses distances vis-à-vis d’Israël.

Le programme du sommet de l’OCI, qui réunit 57 Etats pour une journée de débats, est axé sur les questions commerciales et de lutte contre la pauvreté. Mais la présence de Bachir et d’Ahmadinejad risque fort de faire oublier les sujets économiques.

La venue du président soudanais, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), met notamment Ankara dans une position délicate.

La Turquie n’a pas ratifié le Statut de Rome de 2002 qui instaurait la CPI, mais l’Union européenne l’incite à le faire pour respecter ses normes.

« DE QUOI SE MÊLENT-ILS ? »

Dans une note diplomatique émise par Bruxelles à l’intention d’Ankara, que Reuters a pu consulter, l’Union européenne demande à la Turquie de revenir sur sa décision d’inviter le président soudanais.

Le président turc Abdullah Gül, interrogé au sujet de cette note, a réagi vivement. « De quoi se mêlent-ils ? C’est une réunion organisée dans le cadre de l’Organisation de la Conférence islamique, pas un sommet bilatéral », a-t-il dit.

Auparavant, un responsable du ministère turc des Affaires étrangères avait assuré qu’il n’était nullement prévu d’inquiéter Bachir à propos du mandat d’arrêt qui pèse sur lui.

« Nous avons invité Bachir à la réunion en tant que chef d’Etat et il sera traité en tant que tel », a indiqué ce responsable.

La venue de Mahmoud Ahmadinejad fera quant à elle suite à un déplacement, le mois dernier, du Premier ministre turc Tayyip Erdogan à Téhéran. Les deux pays avaient alors signé des partenariats sur le commerce et l’énergie.

Lors de ce voyage, Erdogan avait dénoncé le traitement « injuste » infligé par les puissances occidentales à l’Iran et affirmé que le programme nucléaire de la République islamique ne répondait qu’à des objectifs humanitaires.

L’Ouest estime que les activités nucléaires iraniennes cachent un programme militaire, mais Téhéran assure qu’il ne s’agit que de produire de l’énergie afin de réduire la dépendance au pétrole du pays.

Le parti AKP d’Erdogan (Parti pour la justice et le développement), qui puise ses origines dans l’islam politique, cherche à développer l’influence turque au Moyen-Orient.

Selon les analystes, ce processus concorde avec l’exaspération d’Ankara face à ce qu’il perçoit comme de la mauvaise volonté de la part de l’UE dans son processus d’adhésion.

Le sommet de l’OCI de lundi doit également accueillir, entre autres, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, le président syrien Bachar el Assad et celui d’Afghanistan Hamid Karzaï.

(Avec Zerin Elci et Ibon Villelabeitia à Ankara, Opheera McDoom à Khartoum et Peter Graff à Kaboul, version française Gregory Schwartz)

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Sources

Source : Reuters, le 06.11.09

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