Logo de Turquie Européenne
Accueil > Revue de presse > Archives 2008 > 02 - Articles de février 2008 > La France s’installe chez les Kurdes d’Irak

La France s’installe chez les Kurdes d’Irak

vendredi 8 février 2008, par Georges Malbrunot

Un « bureau d’ambassade » à Erbil sera confié à un proche de Bernard Kouchner. L’ancien « french doctor » Frédéric Tissot ouvrira en début de semaine prochaine un « bureau d’ambassade » à Erbil, dans les provinces kurdes de l’Irak.

Après les États-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, Paris disposera à son tour d’une « antenne » officielle dans ces régions, épargnées par les violences depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003. « Il ne s’agit pas d’un simple consulat , précise-t-on au Quai d’Orsay, mais d’une présence politique. »

L’ouverture de ce bureau d’ambassade avait été annoncée en novembre 2006 lors de la visite à Paris du président de la République d’Irak, le Kurde Jalal Talabani. Redoutant un attentat en période électorale en France, Jacques Chirac s’était ensuite opposé à l’envoi du diplomate choisi pour ce poste sensible.

Nid d’espions

Quelques mois après la visite à Bagdad de Bernard Kouchner, cet ancrage est un nouveau signe de « la fin de l’indifférence » française à l’égard de l’Irak post-Saddam. Elle ne peut que réjouir les Kurdes. Tissot est un défenseur de leur cause. Il parle la langue et connaît bien les montagnes du Kurdistan, pour avoir organisé en 1989 l’évacuation en France des réfugiés kurdes fuyant l’Irak de Saddam Hussein. « Je me suis toujours senti citoyen du monde sensible aux malheurs des autres » , confie-t-il.

Dans ce nid d’espions, le représentant de la France marchera sur des œufs. Même si le calme y règne, celui-ci est régulièrement rompu par des attentats commis par al-Qaida. D’autre part, même si les frères ennemis, Jalal Talabani et Massoud Barzani, ont enterré la hache de guerre, les divisions ancestrales entre factions kurdes ne sont pas complètement éteintes, comme le prouve l’attentat manqué dont aurait été la cible Massoud Barzani, en fin d’année dernière. Tissot arrive à un moment où les aspirations kurdes à l’indépendance - que Paris ne soutient pas -, sont combattues par leurs alliés chiites au sein du gouvernement central à Bagdad. Fin décembre, les Kurdes ont dû accepter un report à juin prochain du référendum sur Kirkouk, cette cité pétrolière arabisée sous Saddam que les Kurdes revendiquent. Victimes du veto français à la guerre en Irak, les relations entre Paris et les Kurdes se sont améliorées ensuite. Signe d’un retour de confiance, la sécurité de Frédéric Tissot à Erbil sera largement assurée par les pechmergas, les combattants kurdes.

Télécharger au format PDFTélécharger le texte de l'article au format PDF

Nouveautés sur le Web

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0