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Istanbul 2010. Capitale de la culture européenne : Sublimes portes

jeudi 28 janvier 2010, par A.F.

Samedi dernier, les rives du Bosphore se sont éclairées d’un événement grandiose aux significations profondes.

Des millions de gens rassemblés sur les deux rives du mythique détroit. Feux d’artifice, spectacle sons et lumières et, partout dans la ville, des manifestations : défilé de musique militaire ottomane (ancêtre de notre zorna), spectacle de montgolfière, kyrielle de concerts (musique traditionnelle, rock, danses populaires, pop avec la star turque Nil Karaibrahimgil…), musées ouverts jusqu’à minuit.
Dans cette ouverture grandiose, populaire et multiforme, la réception de 5.000 invités en présence du président Abdullah Gül et du Premier ministre Erdogan, apparaît comme un simple marqueur protocolaire.

Sélectionnée en 2006, Istambul est depuis une semaine et pour une année, capitale de la culture européenne. Un pied de nez habile et même amusant à la face de ceux qui s’opposent à son entrée dans l’Union européenne. L’année dernière, déjà, elle avait accueilli au stade de Fenerbahce, la finale de la coupe d’Europe des clubs de football. Et, dans de nombreux autres domaines, la Turquie gagne l’Europe, de manière à la fois subreptice et évidente, en tout cas, intelligente. Cette fois, c’est en empruntant les sublimes portes de l’art et de la culture.

Proposé en 1985 par la grande actrice grecque, Mélina Mercouri, alors ministre de la Culture, le statut de capitale européenne de la culture a déjà été dévolu à 32 villes. Il était jusque-là réservé aux villes des Etats membres de l’UE. Quand, en l’an 2000, cette obligation a été levée, personne n’aurait imaginé qu’Istanbul puisse en « bénéficier », encore que ce verbe paraît impropre au regard de la compétition acharnée des villes européennes pour accéder à ce titre. Istanbul a d’abord dû convaincre qu’elle était « culturellement européenne » au sens des critères retenus.

Il est précisé en effet que « la ville candidate doit mettre en évidence le rôle qu’elle a joué dans la constitution de la culture européenne, sa part actuelle à la vie artistique et culturelle de l’Europe et ses liens avec d’autres cultures d’autres continents, favorisant ainsi le dialogue ». Sur chacun de ces points, elle avait de quoi répondre. L’ancienne Byzance, la célèbre Constantinople qualifiée de nouvelle Rome par l’empereur Constantin, la capitale de l’Empire ottoman ne manquait pas d’arguments. Son histoire a rayonné d’une manière exceptionnelle sur la Méditerranée et au-delà.

Tous les spécialistes s’accordent à dire, qu’avec Rome et Athènes, elle est l’une des trois capitales antiques les plus riches aujourd’hui en patrimoine. Peut-être plus riche encore que les deux autres, car elle offre, en outre, cette particularité d’avoir été et d’être encore un formidable carrefour entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient, entre la Grèce antique, l’Empire romain byzantin et l’Empire ottoman, entre la chrétienté, l’islam et les religions asiatiques. Une ville entre deux mers enfin, avec de fortes traditions marines et donc tous les brassages que cela suppose.

Mais dans la course au titre de capitale culturelle, le passé ne suffit pas, et il faut convaincre aussi par des infrastructures culturelles, une vitalité des arts et des lettres, un patrimoine intéressant, un programme surtout et, presque comme pour une grande compétition sportive, par des capacités d’organisation, d’accueil, de transport, etc. Capacité d’autofinancement aussi, car les subventions communautaires et le prix pour le respect du cahier des charges doté de 1,5 million d’euros ne suffisent pas. Istanbul a non seulement passé brillamment toutes les étapes mais, pour la première fois, ce sont trois capitales européennes qui ont été retenues au lieu de deux par an comme habituellement. Elle partagera donc ce titre, conféré par le Parlement européen, avec l’Allemande Essen (ville préférée du cruciverbiste d’El Watan !), et Pecs la Hongroise.

Pendant, ce temps, la saison culturelle de la Turquie en France, entamée en juillet 2009 et qui s’achèvera fin mars 2010, se poursuit, dessinant les contours d’un déploiement culturel majestueux. Signalons que cela s’est décidé avant l’élection du président Sarkozy, comme peut le laisser deviner le décalage entre l’esprit d’ouverture de cette manifestation et le débat chagrin sur l’identité nationale en France. Sur les rives aérées du Bosphore, plus de 500 projets sont d’ores et déjà programmés, pendant que d’autres seront ajoutés au fur et à mesure. Les descendants de Suleïman le Magnifique ont voulu sans doute honorer son surnom. Les deux tiers de l’effort ont été consacrés à la mise en valeur et à la promotion du patrimoine historique et un tiers aux manifestations artistiques. Une mobilisation qui obéit aux trois axes de l’évènement dirigé par l’agence Istanbul 2010, créée pour l’occasion.

D’abord la transformation urbaine dans cette mégapole de 14 millions d’habitants (16 selon certaines sources), la 30e au monde, principal pôle économique du pays qui souffre de nombreux problèmes d’urbanisme. Ensuite, naturellement, la promotion des arts et de la culture turcs et de ses ramifications dans le monde. Enfin, les retombées sur le tourisme puisque Istanbul s’attend à recevoir 10 millions de touristes, contre 7,5 en 2009. D’autres principes accompagnent cette stratégie de l’évènement : la participation active de la société civile qui a été un argument fort de la sélection d’Istanbul, le partage des cultures, notamment entre l’Europe et la Turquie, et enfin l’accessibilité aux manifestations. Trois ans de préparation intenses ont précédé l’évènement avec la restauration des grands monuments de la ville (la Mosquée bleue, musée Topkapi, quartier historique de Sultahamet…), la mise en place de nouveaux équipements urbains, la modernisation des infrastructures culturelles.

Le programme est impressionnant. Bien sûr, le patrimoine sous toutes ses formes, sera à l’honneur avec toutes les splendeurs de l’artisanat stambouliote (enluminure, calligraphie, tapisserie, orfèvrerie…) et tous les trésors archéologiques de la ville. D’innombrables concerts de musique auront lieu avec les musiques traditionnelles turques, mais aussi du jazz, du rock et de nombreuses autres expressions actuelles. La formule privilégiée, mais non exclusive, est celle des concerts gratuits de plein air. Le 21 juin, la ville sera envahie par des jeunes musiciens et chanteurs pour une fête non-stop de la musique. Et, en septembre, le stade Ataturk accueillera le groupe U2. Les arts visuels seront fortement présents avec d’innombrables expositions, rencontres, ateliers. On notera « Live and work in Istanbul », débuté en 2008, des résidences pour dix grands plasticiens européens et cent artistes turcs, qui donnera lieu à des expositions toute l’année.

Par ailleurs, Istanbul confirmera son statut de ville montante du cinéma mondial avec plusieurs manifestations et notamment le projet de long métrage composé des tournages de dix réalisateurs étrangers dans des quartiers de la ville. En littérature, parmi les rencontres, concours et mises en scène de poésies, le projet « Mon Istanbul » se distingue par son principe : 40 auteurs européens et turcs en résidence raconteront chacun un des 40 quartiers de la ville pour un ouvrage à éditer. On note aussi l’exposition de beaux livres intitulée « Le Monde de Salem III ». Mais c’est surtout le « Musée de l’Innocence » qui est attendu, une exposition à la fois didactique et lyrique sur l’Istanbul des années cinquante.

Ce projet, conçu par Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, est considéré comme un retour en grâce de l’auteur après ses démêlés avec le gouvernement et la justice. Les arts de la scène ne sont pas en reste avec de nombreuses représentations théâtrales et chorégraphiques où les derviches tourneurs mais aussi les danseurs contemporains seront très sollicités. En mai, se tiendra le Festival européen du théâtre universitaire. Le programme est si riche qu’il est impossible de s’en faire une idée autrement qu’en compulsant le site de l’organisateur.

100 galeries, 50 théâtres…

Cette richesse vient confirmer une dynamique culturelle unique dans le monde musulman et plus qu’appréciable à l’échelle européenne et méditerranéenne. Istanbul, dont le PIB engrangerait 150 milliards de dollars par an, est devenu un pôle culturel mondialement respecté. Ses universités (on en compte 16, dont 9 privées) participent activement à la vie culturelle. La vie des arts plastiques a de quoi faire rêver. Il existe dans la ville une centaine de galeries d’arts, dont certaines immenses, et plusieurs centres d’arts. Souvent, les galeries disposent de cafés qui sont des lieux vivants de rencontre, d’échange entre les artistes et amateurs d’art. La plupart des banques turques disposent de leurs propres galeries et de collections d’œuvres d’art et il existe même entre elles, au delà de leur concurrence financière, une compétition artistique, devenue de plus en plus importante pour leur image de marque et leurs actions de relations publiques.

L’an dernier, la Biennale d’Istanbul a clos sa 12e édition. Elle est devenue un rendez-vous international incontournable. Ces dernières années, les Turcs sont entrés en force dans le marché mondial de l’art, artistes et collectionneurs compris. Cela n’a pas échappé à la prestigieuse maison d’enchères d’art Sotheby’s qui a ouvert en février 2009 une succursale dans le quartier de Maslak. Le Musée d’art contemporain a été créé dans un ancien entrepôt des quais de Karakoy avec 8000 m2 de surface. Il accueille des artistes de renommée mondiale avec des « scénographies spectaculaires ». En 2007, sous l’égide de l’université Bilgi, une ancienne centrale électrique, Santralitambul, a été aménagée en centre d’arts avec 7000 m2 d’exposition et a été qualifiée de « mini Tate Gallery ».

On compte par ailleurs dans la ville une cinquantaine de salles de théâtre dont deux salles de répertoire du Théâtre national et le théâtre Idil Yazgan réservé aux enfants. Bien qu’ayant perdu de sa superbe, la tradition des marionnettistes traditionnels, garagouz, demeure vivace et dispose également de ses lieux et publics accoutumés. La plupart des quartiers d’Istanbul ont plusieurs salles de cinéma, fréquentés de manière assidue par des publics divers et mixtes où dominent les jeunes. Ce sont d’anciennes salles plus ou moins bien conservées ou rénovées ou des infrastructures nouvelles, à l’exemple des multiplex de périphérie. Manifestation-phare de la discipline, le Festival international du film d’Istanbul s’est imposé comme une destination annuelle du cinéma mondial avec environ 200 films à chaque édition et la présence de dizaines de réalisateurs, scénaristes et comédiens de premier plan. Le I.I.F.F. (International Istanbul Film Festival) s’est forgé au fil des ans une réputation de qualité ouverte sur toutes les cinématographies du monde.

Cette dynamique n’est pas sans effet et l’on peut parler d’une véritable industrie culturelle émergeante en Turquie. L’année 1982, avec l’attribution à Cannes de la Palme d’Or au film-culte Yol de Yilmaz Guney, a constitué un véritable déclic. Depuis une quinzaine d’années environ, le secteur a atteint une production moyenne de 70 longs métrages par an. Le film d’auteur reste un des atouts du cinéma turc avec de grandes signatures (Nuri Bilge Ceylan, Yezim Ustaoglu, Zaki Demirkubuz, Dervis Zaim…) et une vitalité remarquable qui lui vaut régulièrement des sélections dans les grands rendez-vous, Cannes, Berlin, Venise… Parallèlement, le cinéma commercial populaire, centré essentiellement sur des comédies, s’est développé et professionnalisé. Ceci résulte en bonne partie du star system qui s’est créé autour des acteurs et actrices à la faveur des télévisions privées (créées au début des années 90) ainsi que des magazines cinéma ou people aux larges diffusions.

Les grandes majors américaines de distribution, telle Warner Bros, se sont installées depuis près de 20 ans dans le pays et les films hollywoodiens ont pris une importance considérable dans le box-office local. Le dernier Avatar des studios américains est sorti à Istanbul en même temps que dans le reste du monde occidental. Mais, les blockbusters (grosses productions américaines) arrivent parfois à être concurrencés par les productions commerciale turques qui s’aventurent avec de plus en plus de succès à l’étranger comme le film Vizon Teletuba.

D’abord le mécénat

Le FILI (Foire internationale du livre d’Istanbul) a attiré l’an dernier la participation de 550 professionnels issus de 28 pays. Le monde éditorial est de plus en plus engagé dans les échanges internationaux. Les flux de traduction, du turc vers les autres langues et inversement, s’est considérablement accru. Les maisons d’édition turques achètent de plus en plus de droits à l’étranger et se montrent actives lors des salons internationaux. Pour soutenir l’exportation du livre turc, l’Etat turc a lancé le programme Teda qui apporte des aides financières à la traduction des ouvrages turcs vers les langues étrangères et, bien que les éditeurs se plaignent du manque de traducteurs spécialisés et de haut niveau, ce mécanisme de soutien semble donner ses fruits. Le programme Teda est assez représentatif du modèle turc de financement de la culture. L’Etat intervient sur des créneaux précis. Il apporte une aide sur de grands projets et notamment sur la conservation du patrimoine qui aspire des fonds énormes en raison de la multitude de monuments historiques et sites archéologiques que recèle le pays et dont la réputation mondiale n’est plus à faire.

L’enjeu économique du tourisme, orienté vers l’attrait des vestiges du passé, commande sans doute une telle stratégie. A cela s’ajoute la tradition libérale du pays. Si bien que de très larges pans de la vie culturelle sont appuyés par le mécénat des groupes industriels, des banques, des assurances et des riches donateurs. Ainsi, à titre d’exemple, le Musée d’art contemporain n’a pas été créé par l’Etat mais par l’IKSV (Fondation d’Istanbul pour la culture et les arts) que certains qualifient parfois de « ministère de la Culture bis ». C’est cette fondation qui est également derrière la création et le financement du Festival international du film d’Istanbul. Elle finance également un grand festival de jazz et de nombreuses autres manifestations ou investissements, notamment dans le théâtre ou les arts visuels.

La Biennale d’art est en outre soutenue par le groupe industriel Koç. Istanbul comprend dans ses infrastructures le fameux centre commercial Cevahir Istanbul considéré comme le deuxième au monde et le plus grand d’Europe. A ses centaines de boutiques et nombreux restaurants s’ajoutent 12 salles de cinéma et un théâtre ! Ce type de centre indique qu’en dehors des mécénats issus du secteur privé, il existe également des publics et que les Stambouliotes « consomment » de la culture. Ces éléments prennent source dans les composants de la société, notamment dans les villes et, à plus forte raison, la plus grande, Istanbul. En premier lieu figure l’existence d’une bourgeoisie traditionnelle où se cultivent les valeurs culturelles depuis de nombreuses générations ainsi que d’une nouvelle classe d’affaires, nationaliste, moderniste et imprégnée des enjeux de la culture. Les classes moyennes, pour leur part, fournissent les intellectuels, artistes et créateurs et d’innombrables associations créent une force d’action culturelle impressionnante.

Ce paysage socioculturel n’est pourtant pas exempt de contraintes et menaces. Les poussées rigoristes, profitant de l’arrivée au pouvoir du parti islamiste, bien que ce dernier se défende de les encourager, tentent de réduire ou censurer les expressions culturelles de la société civile, sans grand succès jusqu’à présent. Par ailleurs, et moins conjoncturellement, la diffusion restreinte dans le monde de la langue turque limite quelque peu la formidable capacité d’épanouissement international de sa culture, ce qui explique par exemple que l’Etat s’intéresse de près à l’enjeu de la traduction. Dans cette complexité, l’esprit d’Ataturk qui envisageait la question culturelle au cœur de sa vision de l’Etat, continue à rayonner sur de larges pans de l’opinion, y compris dans les courants islamistes ou autres. Cet esprit qui est devenu, dans des formes diverses, une sorte de subconscient collectif, place la fierté nationale au pinacle des valeurs et la culture comme l’un de ses supports privilégiés.

Aussi, ce titre de capitale européenne de la culture décerné à Istanbul, prend plusieurs significations. Il a une dimension politique internationale qui le rattache au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne lancé en 2005 mais rejeté par plusieurs Etats membres et notamment la France et l’Allemagne. Personne ne penserait à s’en cacher. Ainsi, selon Cengiz Aktar, spécialiste des relations avec l’UE à l’université de Bahçesehir, et l’un des initiateurs de la candidature de sa ville : « Il y a évidemment un lien entre ce titre et le processus européen de la Turquie, ne serait-ce que dans la possibilité qu’il offre de montrer la Turquie en Europe et l’Europe en Turquie ». Mais au delà de cet aspect, apparaît nettement la volonté d’une ville et d’un pays d’inscrire sa personnalité et sa créativité à l’ère de la mondialisation. Istanbul devient un argument puissant de cet élan, elle qui peut se targuer d’un cosmopolitisme ancien et vivace, et d’une image de tradition et de modernité réunis dans les mêmes espaces. Des bazars d’artisanat qui semblent sortis de l’imagination d’un peintre orientaliste au circuit de Formule 1 d’Istanbul Park où rivalisent des bolides de technologie, la ville se présente comme un raccourci entre les siècles et les civilisations. Et, Europe ou pas, elle a bien raison de mettre en avant son caractère unique.

Le nom d’Istanbul

Elle s’est nommée Byzance à sa fondation (VIIe siècle av. JC jusqu’à 324), puis Constantinople à partir de l’an 330 quand l’empereur romain Constantin décide d’en faire la capitale de l’empire romain d’Orient, la surnommant la nouvelle Rome (coïncidence, elle est construite, comme Rome, sur sept collines). Trois hypothèses se disputent la toponymie d’Istanbul. La première la considère comme une déformation de Is tin poli, en grec ancien qui signifierait « vers la ville ». La seconde envisage une contraction-déformation turque du nom grec Konstantinoupolis (la ville, polis, de Constantin). Enfin, une étymologie populaire rattache ce nom à l’expression Islam-bol (là où l’Islam prospère) et remonterait à l’Empire ottoman. On lui connaît d’autres appellations : Bolis pour les Turcs arméniens, Polis pour les Grecs, Tzarigrad (la ville de l’Empereur) pour les Slaves. Il a fallu la réforme de la langue et de l’écriture décrétée en 1928 par Ataturk pour que le nom d’Istanbul soit adopté et normalisé.

Par A. F.

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Sources

Source : El Watan.com , le 23.01.10

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