Logo de Turquie Européenne
Accueil > Revue de presse > Archives 2004 > 10 - Articles de d’octobre 2004 > Feu vert en poche, Ankara espère boucler les négociations dans sept (...)

Feu vert en poche, Ankara espère boucler les négociations dans sept ans

mercredi 6 octobre 2004, par Burak Akıncı

AFP - 05/10/2004

Le feu vert de la Commission européenne pour l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie semblant désormais acquis, les autorités turques les réclames le plus tôt possible afin de pouvoir les finaliser dès 2012, a indiqué mardi un ministre turc.

« Nous pouvons finaliser cette affaire dans sept ans environ », a indiqué le ministre d’Etat Mehmet Aydin à la chaîne d’information NTV, anticipant la recommandation attendue de Bruxelles mercredi pour l’amorce des négociations avec Ankara au vu de ses progrès en matière de démocratisation.

Il a souligné que si les dirigeants européens émettaient, lors de leur sommet du 17 décembre, un avis favorable à l’ouverture de ces négociations, celles-ci devraient rapidement débuter.

« Ce qui est normal, c’est une période (de latence) de 4 à 6 mois », a dit M. Aydin, éminent théologien pro-européen et ministre d’Etat responsable des Affaires religieuses, indiquant qu’une année d’attente serait malvenue.

Estimant avoir rempli les critères politiques, dits de Copenhague, sur la démocratie et les droits de l’Homme, la Turquie, pays à écrasante majorité musulmane de plus de 70 millions d’habitants, qui a le statut de candidat depuis 1999, souhaite l’ouverture des discussions dès 2005.

L’élan initial d’Ankara en direction de l’Europe remonte à 1963, avec la signature d’un accord d’association dont l’objectif était de parvenir à une union douanière avec la Communauté européenne.

Mais l’européanisation de la Turquie remonte à l’Empire ottoman. C’est dans le premier quart du XVIIIe siècle, avec l’envoi des premiers ambassadeurs de la Sublime Porte vers des pays européens et une timide modernisation sous l’« ère des tulipes », que les Turcs se sont ouverts à l’Occident.

Aujourd’hui plus de 70% d’entre eux souhaitent rejoindre l’UE, selon les sondages, surtout pour des raisons économiques.

Sur le plan économique, en effet, la Turquie affiche un grand retard à rattraper sur le reste de l’Union, avec notamment une agriculture très arriérée, même si l’économie du pays progresse rapidement depuis 2002.

Le Produit National Brut (PNB) turc par habitant (2.790 dollars) était équivalent en 2003 à un septième de celui de l’UE élargie (19.775 dollars).

Lundi, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’est dit convaincu que le prochain sommet européen constituerait un « tournant historique » pour son pays grâce aux réformes démocratiques menées par son gouvernement, d’une ampleur « que personne ne pouvait imaginer ».

Le débat sur la candidature turque qui domine l’actualité en Europe fait également rage en Turquie, où les milieux pro-laïques et les détracteurs d’Erdogan, s’interrogent sur les visées de cet habile politicien de 50 ans, propulsé au pouvoir en 2002 après que son parti, nouvellement créé, de la Justice et du Développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, eut remporté haut la main les élections législatives.

Beaucoup peinent à croire en la métamorphose de cet ancien maire islamiste en un dirigeant démocrate.

« Les croyances religieuses définissant la personnalité d’Erdogan et les réformes qu’il a entrepris sont totalement contradictoires, » soulignait mardi encore l’éditorialiste du journal à gros tirage Hurriyet.

Toutefois, l’ensemble de la presse se félicitait du feu vert attendu de Bruxelles, tout en affirmant que les discussions avec l’Union seraient longues et difficiles.
« La Turquie a obtenu un billet pour l’Europe, même si un contrôle strict est imposé à la frontière », titre le journal populaire Aksam.

« Ce processus n’est pas facile. Il faut une volonté politique et d’importants préparatifs », estime un éditorialiste du journal Milliyet.

Plusieurs commentateurs estiment par ailleurs que le rapport de Bruxelles constituera un tournant dans la longue marche d’Ankara vers l’UE.

« 10 ans, 15 ans de négociations, peu importe, la Turquie sera enfin membre de la famille européenne », a souligné un chroniqueur du journal populaire Sabah.

Télécharger au format PDFTélécharger le texte de l'article au format PDF

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0