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Erdogan en visite à Berlin

jeudi 1er juin 2006, par Antoine Jacob

Source : Le Monde, le 28/05/2006

BERLIN - Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a effectué vendredi 26 mai sa première visite à Berlin depuis l’arrivée au pouvoir en Allemagne de la chancelière chrétienne démocrate Angela Merkel, opposée à l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne.

Cette visite s’est déroulée dans un climat troublé par plusieurs agressions à caractère raciste ces dernières semaines outre-Rhin, suscitant l’inquiétude des autorités à l’approche de la Coupe du monde de football.

Le premier ministre turc a déploré des actes commis « spécialement à l’encontre des Turcs et des musulmans ». Plusieurs personnes d’origine turque, dont un député du Parlement régional de Berlin, figurent en effet parmi les victimes de ces agressions.

Dans un entretien publié par le Financial Times Deutschland, avant sa visite, M. Erdogan avait également regretté que les efforts des immigrés turcs en vue de s’intégrer n’aient « pas trouvé d’écho » en Allemagne. La chancelière a tenté de le rassurer. « La grande majorité des Allemands », a-t-elle affirmé, reconnaissent que l’importante communauté turque installée outre-Rhin (près de 2,5 millions de personnes) joue un rôle positif dans l’économie et la société allemandes.

Plaidant pour la poursuite du processus d’intégration de la Turquie à l’Union européenne, M. Erdogan s’est efforcé de convaincre son hôte des progrès réalisés dans la modernisation du pays et des mentalités.

Il a tenté de rassurer sur le meurtre, le 17 mai, à Ankara d’un juge du Conseil d’Etat turc. Il a affirmé que l’agresseur n’était pas un extrémiste musulman, comme il a été dit, mais un militant ultranationaliste qui voulait « s’en prendre à la stabilité de la Turquie ».

« Je suis convaincu que l’Allemagne continuera à nous soutenir dans le futur », a-t-il dit, alors qu’il n’ignore pas que Berlin figure parmi les plus sceptiques concernant l’intégration de son pays à l’Union. Pour Mme Merkel, l’ouverture des négociations d’adhésion avec Ankara ne lui donne aucune garantie d’appartenance pleine et entière à l’Union. « Nous accompagnerons de manière critique les négociations d’adhésion, et nous veillerons que ce que tous les critères soient remplis », a-t-elle insisté.

Berlin a accepté le lancement, en octobre 2005, de négociations avec Ankara, tout en insistant sur le fait qu’il s’agissait d’un « processus dont l’issue reste ouverte, qui n’a rien d’automatique et dont le résultat ne peut être garanti à l’avance ».

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