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Cinéma turc : Sonbahar - L’automne

mardi 5 mai 2009, par Mylène Griess

Sonbahar est du pur cinéma d’auteur, un premier film qui n’aboutit pas à un chef d’œuvre mais restera comme une première œuvre fort intéressante et d’une délicatesse assumée.

Néanmoins, je suis forcée de dresser un premier constat un peu négatif : le cinéma d’auteur turc s’enferre dans une rupture constante avec le cinéma grand public, même si le dernier film de Nuri Bilge Ceylan « les Trois Singes » avec ses plus de cent mille spectateurs fait vivre l’espoir d’une réconciliation future avec le grand public. Néanmoins la systématique lenteur des plans, en termes de durée et dans l’enchaînement au montage, associée à une thématique des saisons très récurrente et d’intrigues très ténues, deviennent rédhibitoires chez le spectateur, qui finit par avoir l’impression qu’il a déjà vu le film, à peine a-t-il contemplé quelques plans.

Au commencement du film, Özcan Alper nous plonge dans le décor d’une prison. Nous sommes en 2000 au moment des révoltes qui ont eu lieu à l’instauration des prisons de type F avec cellules d’isolement. Le protagoniste de l’histoire, Yusuf, nous est présenté au moment d’une consultation médicale. Cela fait dix ans qu’il purge une peine de prison pour être extrémiste de gauche (on n’en saura pas plus). Nous le suivons alors de sa libération carcérale à son retour dans la région de la Mer Noire, dans la maison de ses parents.

Sonbahar (Automne) car c’est déjà la fin de l’été et Yusuf, affligé d’une grande faiblesse pulmonaire, va mourir lentement auprès des siens, sa mère, son ami d’enfance, etc. Il rencontre une jeune et belle prostituée géorgienne qui partage aussi un peu de sa souffrance, même si la sienne est l’exil et l’éloignement de sa fille. Intrigue secondaire qui vient là semble-t-on pour meubler la principale tant il ne s’y passe rien.

La beauté des sites, celle du cadre cinématographique aussi, ne doivent pas faire oublier qu’il s’agit aussi de créer une vie entre les plans, une harmonie entre les scènes. Nous faire participer aussi à la lente agonie de Yusuf. Le tout est malheureusement un peu vide de sens et réduit à un esthétisme froid. Cela mériterait plus de sentiments peut-être et une volonté d’oublier la morne contemplation bucolique des saisons et du temps qui passe.

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