ISTANBUL - Trois anciens chefs de l’armée turque ont été entendus samedi en qualité de suspects par des procureurs à Istanbul dans le cadre de l’enquête sur le réseau Ergenekon, un complot présumé visant à renverser le gouvernement islamo-conservateur, a rapporté l’agence Anatolie.
Les anciens chefs de l’armée de terre Aytaç Yalman, de l’air Ibrahim Firtina et de la marine Özden Örnek, aujourd’hui à la retraite, ont été interrogés durant dix heures par les procureurs avant de quitter la cour d’assises, sans faire de déclaration à la presse, selon Anatolie.
Les trois hommes étaient en activité en 2004, à l’époque où un groupe d’officiers aurait projeté de prendre le pouvoir, selon l’acte d’accusation du procès Ergenekon, qui se poursuit depuis octobre 2008 dans une banlieue d’Istanbul.
La presse locale a diffusé des extraits supposés du journal intime d’Özden Örnek, dans lequel celui-ci donnerait des détails sur le projet de putsch.
"L’interrogatoire a porté sur ces journaux intimes. Il y avait aussi d’autres questions", a déclaré le vice-procureur général Turan Colakkadi, après avoir assisté aux dépositions.
"Concernant ces journaux intimes, nous avons interrogé (les ex-généraux) en qualité de suspects", a-t-il ajouté, cité par Anatolie.
Le chef d’état-major de l’époque, le général Hilmi Özkök, déjà entendu par les procureurs, avait affirmé avoir eu connaissance de projets de coup d’Etat. La presse a fait état de spéculations selon lesquelles le général Özkök, connu pour être un modéré, aurait empêché les tentatives de putsch.
Le réseau Ergenekon est un groupe de personnalités nationalistes et laïques accusées par le ministère public d’avoir cherché à semer le chaos en Turquie pour créer les conditions favorables à un coup d’Etat militaire contre le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), issu du mouvement islamiste et au pouvoir depuis 2002.
L’armée turque a déjà renversé trois gouvernements et en a contraint un autre, islamiste, à la démission en 1997.
Près de 200 personnes sont inculpées dans le cadre de l’affaire Ergenekon, considérée par certains comme une avancée sans précédent dans la lutte pour le renforcement de l’Etat de droit en Turquie, critiquée par d’autres comme un moyen d’intimidation et de répression des milieux laïques par le gouvernement.
(©AFP / 05 décembre 2009 21h35)
Source : AFP, le 05.12.09
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